Brexit : le Parlement européen pose ses conditions

Si les citoyens de l’Union européenne sont moins bien traités qu’aujourd’hui, "le Parlement européen se réserve le droit de rejeter l’accord" du Brexit. Cette menace se retrouve dans une tribune signée par cinq chefs de groupe, dont Guy Verhofstadt.
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La proposition britannique concernant la façon dont les citoyens européens seront traités au Royaume-Uni après que le pays sera sorti de l'Union européenne (UE) est "une douche froide" et "loin de ce que les citoyens sont en droit d'attendre", affirment lundi dans une tribune publiée par plusieurs médias européens un groupe d'eurodéputés, dont les Belges Guy Verhofstadt (Open Vld) et Philippe Lamberts (Ecolo).

"Le gouvernement britannique propose que - le jour après le Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l'UE, ndlr) -, les Européens obtiennent le statut de 'ressortissants de pays tiers'. Ils auraient moins de droits que ce que les citoyens britanniques se verront offrir à travers l'UE", pointent les neuf eurodéputés. "La proposition britannique comporte un risque réel de créer une citoyenneté de seconde classe. Elle est même en contradiction avec le manifeste du camp du 'Leave' qui promettait de traiter les citoyens européens 'pas moins favorablement qu'à présent'."

Le Parlement européen a son mot à dire

Les eurodéputés - parmi lesquels les chefs de groupe des libéraux, du PPE, des socialistes, de la gauche radicale et des Verts - rappellent aussi leur volonté que les citoyens britanniques et européens puissent renforcer leurs droits "sous un mécanisme dans lequel la Cour de Justice de l'UE joue un rôle entier". La Première ministre britannique Theresa May avait indiqué fin juin à ses homologues européens que seuls "(les) très respectables tribunaux" britanniques pourraient trancher ces différends.

Le Parlement européen devra se prononcer sur l'accord réglant la sortie britannique de l'UE. "Notre souhait est de délivrer un accord de retrait ambitieux et progressiste et nous voulons affirmer que des progrès suffisants - particulièrement sur la citoyenneté et l'accord financier - sont nécessaires avant que nous puissions définir la nouvelle relation entre l'UE et le Royaume-Uni", écrivent-ils encore. Ils précisent aussi qu'ils s'opposeront à tout report de l'échéance du Brexit, fixée au 30 mars 2019.