"La Flandre doit développer sa propre politique étrangère"

Le président du parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), a plaidé mardi à l'occasion de la Fête du 11 juillet en faveur d'une Flandre qui mène sa propre politique étrangère. Il estime à ce titre qu'elle ne peut abandonner les négociations liées au Brexit au gouvernement fédéral mais qu'elle doit au contraire en réclamer la direction.

A ses yeux, la Flandre doit non seulement créer un corps diplomatique flamand et un ministère flamand des Affaires étrangères mais aussi développer sa "propre politique étrangère, avec ses négociateurs à elle".

De la sorte, elle ne dépendrait plus uniquement des négociateurs fédéraux qui seront à l'oeuvre dans le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

"La Grande-Bretagne est un partenaire trop important pour la Flandre pour laisser ces discussions exclusivement dans les mains des instances fédérales", a dit M. Peumans.

La part flamande dans les exportations belges est prépondérante. Il va donc de soi, d'après lui, que la Flandre pèse d'un poids plus lourd dans les négociations commerciales avec la Grande-Bretagne. Le président du parlement inclut dans sa revendication la "présidence" de ces négociations.

"Le Brexit est une occasion idéale pour approfondir une politique étrangère flamande autonome avec ses propres négociateurs", a-t-il souligné.

M. Peumans a invoqué l'exemple de la... Wallonie, vent debout contre le CETA à la fin de l'année passée. "L'attitude de Paul Magnette (ministre-président wallon) et de son équipe a ouvert les yeux de l'Europe, du Canada et du reste du monde. Depuis le dossier du CETA, chacun sait qu'une région peut poser son veto au sein de l'Europe. La Flandre a droit elle aussi à cette autodétermination et nous devons l'utiliser en faisant preuve de bon sens, dans l'intérêt de notre région mais aussi de celui de toute l'Europe".