Philippe Close a prêté serment comme bourgmestre de Bruxelles

Philippe Close (PS) a prêté serment jeudi, en début d'après-midi, en tant que bourgmestre de la Ville de Bruxelles devant le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS). Il succède à Yvan Mayeur qui avait démissionné de ses fonctions le 8 juin dernier après son implication dans le scandale des rémunérations au Samusocial.
Laurie Dieffembacq

Agé de 46 ans, Philippe Close est le plus jeune bourgmestre de la Ville de Bruxelles, en tout cas depuis l'incorporation en son sein des entités de Laeken, de Neder-Over-Heembeek et de Haren en 1921.

Avant de prêter serment, Philippe Close a fait ses adieux à ses collègues du parlement bruxellois où il officiait en tant que chef de groupe du PS. Au moment des votes, l'ensemble des groupes de l'hémicycle bruxellois lui ont rendu hommage, de même que le président de l'assemblée, Charles Picqué (PS) dont il est très proche politiquement.

Philippe Close était député bruxellois depuis 2009. Il a achevé son mandat de député jeudi en déposant une résolution visant à octroyer le droit de vote aux élections régionales aux ressortissants extra-nationaux qui sont résidents à Bruxelles.

Malgré la polémique qui a éclaté à ce sujet, Philippe Close s'est dit profondément attaché à ce combat démocratique qui consiste à "reconnaître un statut de citoyen à part entière aux personnes qui contribuent au développement de notre Région". L'ex-élu régional a dit espérer que ce débat retrouverait un jour de la sérénité pour que ce combat légitime puisse se faire entendre.

Par la voix de Caroline Désir, le groupe PS a tenu à saluer le travail réalisé par Philippe Close tout au long de sa carrière parlementaire mais aussi à lui adresser ses encouragements sincères pour le défi qui est à présent devant lui à la Ville de Bruxelles.
 

Yvan Mayeur est venu répondre à la commission d'enquête

L'ex-bourgmestre de la Ville de Bruxelles et ex-président du Samusocial Yvan Mayeur s'est expliqué mercredi durant plus de 5 heures sur la gestion du Samusocial, son histoire, le degré de transparence en son sein, et la rémunération de ses administrateurs et membres du bureau.

Répondant aux questions des députés de la commission d'enquête sur le Samusocial, il a annoncé, en fin de séance, son retrait du monde politique.

"Je ne participerai plus au monde politique", a dit Yvan Mayeur, alors qu'il concluait ses explications dans le cadre de ce qui constituait sa première prise de parole publique, depuis sa disparition de la scène politico-médiatique, et sa démission comme bourgmestre le 8 juin dernier.

L'ex-bourgmestre de la Ville s'est dit victime d'un "lynchage" mediatico-politique, n'ayant par exemple jamais été entendu par le ministre-président bruxellois et les ministres en charge de l'aide aux Personnes, Pascal Smet (SP.A) et Céline Fremault (CDH) qui ont pourtant exigé sa démission.

Il s'est attaché à détailler le travail, selon lui "énorme", de l'association, dont il a dit espérer avoir convaincu de la pertinence.

Cette action à tous les étages était aussi le fait du bureau de l'association, instance stratégique indispensable à son fonctionnement.

Yvan Mayeur a livré spontanément bon nombre d'explications sur le Samusocial, son histoire, le choix de son mode de fonctionnement, son bilan social, et les indemnités en son sein.

L'association a pris son envol autour du constat, d'une part qu'il n'avait pas été politiquement possible de créer une "association (ndlr: de type public) de chapitre XII" que lui-même a longtemps appelée de ses voeux, et d'autre part que les CPAS ne sont pas outillés pour répondre à la situation extrême de gens qui doivent trouver en urgence un abri, une douche et un repas.

Yvan Mayeur a aussi évoqué le Samusocial en chiffres: une offre passée de 42 chambres en mesure d'accueillir une bonne soixantaine de personnes en 2003, à près de 2.000 places réparties sur neuf lieux d'accueil ou 154.000 hébergements en 2015-2016; 300 emplois permanents, jusqu'à 500 en hiver; un budget passé de 0 à 18 millions d'euros.

Au-delà des chiffres, le Samusocial, c'est, selon l'ex-bourgmestre, un travail énorme, notamment au bureau de l'asbl, lié à la gestion quotidienne des urgences et des crises, à la nécessité de trouver des lieux d'hébergement; à constituer des équipes non seulement pour l'hébergement, mais aussi pour l'accompagnement psycho-social et sanitaire, et pour ouvrir l'offre aux demandeurs d'asile.

Dans ce contexte, a-t-il plaidé, le Samusocial, en tant qu'entreprise sociale privée, n'est pas sous l'autorité de la Ville.

L'ex-président du Samusocial n'a pas éludé la question des indemnités des administrateurs et des membres du bureau. Selon lui, le principe de base était que le travail du bureau méritait d'être reconnu compte tenu de la charge réelle qu'il occasionnait et du professionnalisme nécessaire pour gérer le Samu.

Toujours d'après Yvan Mayeur, des organismes publics ont servi de modèle pour en déterminer la hauteur: les sociétés de logement social, les organismes para-régionaux, Mabru, les Cuisines bruxelloises et la STIB.

Les revenus bruts d'Yvan Mayeur au sein du Samusocial (ndlr: 15.400 euros en 2014, 18.900 en 2015 et 16.800 en 2016, soit 770 euros nets par mois en moyenne), sont, d'après lui, inférieurs à ceux prévus par la Ville et la Région pour leur structure. Ceux des membres du bureau sont en dessous des marges fixées par la Région depuis 2012 et par la Ville, à partir de 2018.

On est donc loin des "rémunérations excessives" invoquées pour créer la commission d'enquête, voire de comparaisons avec les montants évoqués dans le dossier Publifin, a commenté Yvan Mayeur.

Son audition a aussi permis d'apporter un autre éclairage sur ce que l'on savait des relations tendues entre le Samusocial et la Commission Communautaire Commune de Bruxelles avec laquelle un contrat de gestion a été élaboré dans le cadre du plan d'accueil hivernal subsidié. Du côté de la Cocom, on argue que le Samusocial et Yvan Mayeur ont fait beaucoup pour empêcher l'instauration d'un contrôle public de l'asbl.

D'après Yvan Mayeur, l'attitude du Samusocial dans ces négociations n'était pas motivée par sa volonté d'entretenir l'opacité, mais de limiter aux activités du dispositif hivernal le contrôle de la Commission Communautaire Commune car elle refuse d'accorder un subside structurel à l'association pour son fonctionnement ordinaire.

Yvan Mayeur a jugé que les cabinets (de Pascal Smet (SP.A) et de Céline Fremault (CDH), NDLR) souhaitaient exercer un contrôle sur le Samusocial "au-delà du normal".

Il s'est toutefois félicité de l'apport récent, et pour la première fois, de moyens financiers de la Région pour la mise à disposition d'un bâtiment destiné à héberger notamment des familles de sans-abri en dehors de la période hivernale.