Le Boerenbond déconseille une interdiction immédiate de l’oxyde de zinc

Le plus grand syndicat des agriculteurs en Flandre demande à la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), d’interdire progressivement et non pas immédiatement les médicaments contenant de l’oxyde de zinc (ZnO). Ces derniers sont administrés aux porcs belges notamment contre la diarrhée. L’Union européenne a récemment banni l’utilisation du ZnO, mais donne cinq ans aux Etats membres pour implémenter cette interdiction.

Les porcs belges reçoivent de l'oxyde de zinc (ZnO) à des fins thérapeutiques depuis 2013, alors que certains experts s'inquiètent des effets néfastes de cette substance sur l'environnement et les êtres humains, écrivent ce lundi les quotidiens flamands Het Laatste Nieuws et De Morgen.

En 2016, l'agence européenne des médicaments (EMA) a adopté par consensus un avis concluant que le rapport général bénéfice-risque pour les produits contenant de l'oxyde de zinc était négatif, étant donné que les bénéfices de ce composé chimique pour la prévention de la diarrhée chez les porcs ne sont pas supérieurs aux risques pour l'environnement.

L'Union européenne a décidé récemment de bannir l'utilisation du ZnO, parce que le zinc est un métal lourd qui pollue l’environnement. Mais l’UE a laissé une latitude de cinq ans aux Etats membres pour implémenter cette interdiction.

La Belgique hésite pour l'instant sur la position à adopter à ce sujet. Elle peut décider de bannir le produit immédiatement ou offrir un répit de quelques années aux éleveurs porcins. La ministre de la Santé, Maggie De Block (photo), regrette que l'UE n'ait pas suivi l'avis de la Belgique concernant le ZnO, alors que le pays soutenait une interdiction à une échéance identique pour tous les Etats membres.

Pour le Boerenbond, une interdiction immédiate de l’oxyde de zinc est cependant à exclure. D’après Wouter Wytynck, les éleveurs n’auraient alors pas encore suffisamment d’autres remèdes à disposition pour contrecarrer la diarrhée chez les porcs et seraient obligés d’utiliser beaucoup d’antibiotiques.