Willy Borsus ministre-président du nouveau gouvernement wallon

C’est l’actuel ministre fédéral de l’Agriculture et des PME, le libéral Willy Borsus (photo), qui devient le nouveau ministre-président wallon du nouveau gouvernement MR-cdH, a dévoilé le président du MR Olivier Chastel ce mercredi matin. La nouvelle coalition wallonne, dépourvue du PS pour la première fois depuis 30 ans, comptera en outre 7 ministres, soit un de moins que l’exécutif précédent. Le 19 juin dernier, le président du CDH, Benoît Lutgen, avait appelé à former de nouvelles majorités sans le PS en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles, rompant une alliance de près de 13 ans. Le CDH considère que le PS est devenu infréquentable à la suite des scandales Publifin et Samusocial. Le PS parle d’une trahison du CDH.

Le libéral Willy Borsus (55 ans) prend la présidence du gouvernement wallon après presque 3 ans d'expérience ministérielle à l'échelon fédéral, en charge notamment de l’Agriculture, de l’Intégration sociale, des PME et des Indépendants. Des fonctions pour lesquelles Borsus sera remplacé par le député Denis Ducarme.

Le président du MR, Olivier Chastel (photo, à g.), et le président du CDH, Benoît Ludgen (photo, à dr.), ont également dévoilé ce mercredi matin les noms des 7 ministres (4 MR et 3 CDH) du nouveau gouvernement wallon, qu’ils ont forgé ces dernières semaines. A noter que c’est un ministre en moins que l’exécutif précédent.

Outre Willy Borsus, on y retrouvera pour le MR Valérie De Bue aux Pouvoirs locaux, Jean-Luc Crucke au Budget et à l'Energie, et Pierre-Yves Jeholet à l'Emploi et à l'Economie. Pour le CDH, Alda Greoli sera ministre de l'Action sociale et de la Santé, tandis que René Collin et Carlo Di Antonio reprennent leurs fonctions de ministre de l'Agriculture et ministre de l'Environnement et de la Mobilité. André Antoine reste président du Parlement de Wallonie.

Le vice-président CDH du gouvernement wallon, Maxime Prévot, avait annoncé qu'il ne fera pas partie du prochain exécutif MR-CDH. Il choisit en effet de reprendre le mayorat de plein exercice de Namur, qu'il cumulera avec son siège de député wallon. Le cumul de député-bourgmestre est autorisé à Prévot en raison de son bon résultat électoral de 2014: il a obtenu un taux de pénétration suffisamment important pour entrer dans les conditions prévues par le décret décumul.

Sa décision tranche avec celle de Paul Magnette (PS), annoncée lundi. Le futur ex-ministre-président wallon, qui était aussi en capacité de cumuler, a renoncé pour sa part à récupérer son siège de député wallon pour exercer pleinement le mayorat de Charleroi.

Accord pour un nouveau gouvernement régional

Le MR et le CDH sont parvenus mardi à un accord pour former un nouveau gouvernement wallon, annonçaient les présidents des deux partis, Olivier Chastel et Benoît Lutgen. Les deux formations - qui possèdent une courte majorité (38 sièges sur 75, soit le strict nécessaire) - finalisaient depuis plusieurs jours un accord de gouvernement pour la Wallonie.

Le 19 juin dernier, le président du CDH, Benoît Lutgen (photo), avait appelé à former de nouvelles majorités sans le PS en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles, rompant une alliance de près de 13 ans. Le CDH disait considérer le PS infréquentable à la suite des scandales Publifin et Samusocial, et le jugeait trop enclin à courir derrière le PTB, qui caracole dans les sondages. Le PS dénonçait de son côté une trahison du CDH, plus soucieux de sauver son avenir que de l'intérêt général.

Sous l'impulsion de Benoit Lutgen, des pourparlers avaient alors débuté, le MR répondant présent dès le début. Mais les réticences de DéFI et d'Ecolo, qui ont fait d'un accord sur la gouvernance un préalable à toute négociation pour la formation de gouvernements, avaient progressivement refermé la porte à Bruxelles et en Fédération, où MR et CDH ne disposent pas d'une majorité.

Les deux partis avaient alors accéléré le pas pour la Wallonie il y a dix jours, tandis que le CDH confirmait qu'il ne souhaitait plus gouverner avec le PS à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L'accord, qui réglera l'action de la coalition orange-bleu pour les deux derniers cinquièmes de la législature (jusque 2019), est notamment attendu sur les thèmes de la gouvernance (où DéFI, Ecolo et le PS ont trouvé des convergences dernièrement) ainsi que de la rationalisation des organismes publics.

Des économies dans les dépenses publiques devraient notamment aider le MR et le cdH à financer la suppression de la redevance télévision, dossier emblématique en Wallonie mais qui pèse quelque cent millions d'euros de recettes, et que les nouveaux partenaires avaient dit vouloir insérer dans une réforme fiscale globale.