Des passagers d’un avion exposés à un colis radioactif ?

Les passagers d’un vol du 13 juillet reliant Le Caire en Egypte à Brussels Airport, via Zurich, ont peut-être été soumis à un faible rayonnement radioactif malgré eux, provenant d’un colis insuffisamment protégé qui se trouvait à bord et était destiné à une entreprise à Fleurus (Hainaut). L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a analysé les faits, indique-t-elle sur son site.
ZNAM/EurekaSlide

Mardi dernier, l'entreprise NTP Radioisotopes (Europe) S.A., basée à Fleurus dans le Hainaut et spécialisée dans la production de sources radioactives, a réceptionné un colis contenant une source radioactive usée, en provenance d'Egypte. Ce paquet, transporté depuis Le Caire via Zurich est arrivé en Belgique par l'aéroport de Zaventem.

Lorsque le colis a été vérifié, il est apparu que son niveau de radiation dépassait les limites prévues par le règlement sur le transport de matières radioactives. L'entreprise a alors protégé le paquet et prévenu l'Agence fédérale de contrôle nucléaire. Le colis a ensuite été ouvert dans une cellule blindée.

Des inspecteurs de l'AFCN ont mesuré le niveau de radiation aux alentours du colis. Celui-ci dépassait effectivement la limite de 2 millisievert (mSv) par heure. De plus, l'expéditeur n'avait pas étiqueté et marqué correctement le colis. Il n'avait pas non plus vérifié son niveau de radiation. L'AFCN s'est chargée d'analyser la localisation du colis et des personnes durant le transport, précise-t-elle, afin de déterminer "le débit de dose auquel les passagers auraient pu être exposés".

Risque sanitaire limité ?

Il ressort de ces analyses que la dose maximale à laquelle un passager se situant directement au-dessus du colis s'élève à 6,6 mSv pour le premier vol (Le Caire-Zurich) et à 3,1 mSv pour le second (Zurich-Bruxelles). "La limite de dose pour les personnes du public est fixée à 1 mSv par an, en sachant qu'une personne vivant en Belgique reçoit en moyenne une dose de 2,8 mSv par an suite à l'exposition aux rayonnements ionisants d'origine naturelles", poursuit l'AFCN. Celle-ci indique à titre de comparaison que la dose moyenne reçue lors d'un CT scan de l'abdomen est de 8mSv.

"Une exposition unique telle que rencontrée lors de cet incident ne représente pas une augmentation significative du risque sanitaire pour les personnes exposées", conclut-elle. "Il n'existe par ailleurs aucun risque de contamination radioactive de ces personnes. Elles ne sont donc pas non plus elles-mêmes radioactives."

Sur son site, l'AFCN classe l'événement provisoirement au niveau 2 sur l'échelle INES (Echelle internationale des événements nucléaires). Une échelle qui compte 7 niveaux, allant du niveau 1 (anomalie) au 7 (accident majeur).