Treize militaires belges rapatriés de Kindu

L’armée belge a bouclé ces derniers jours, en toute discrétion et dans un contexte diplomatique tendu, le rapatriement de son personnel (13 personnes) et son matériel "sensible" déployés à Kindu, à l’est de la République démocratique du Congo. Ce rapatriement fait suite à la décision de Kinshasa de rompre la coopération militaire entre les deux pays, indique une source militaire.

Ces treize militaires sont rentrés au cours des deux dernières semaines en Belgique par vol civil, après avoir quitté à Kindu, le chef-lieu de la province du Maniema, à bord d'un avion de transport militaire C-130 Hercules (photo archives) qui les a amenés à Kinshasa. Cet appareil, qui transporte du matériel "sensible" que l'armée voulait à tout prix rapatrier et l'équipement personnel des treize militaires, est pour sa part attendu lundi après-midi à sa base de Melsbroek, après plusieurs escales, notamment à Libreville, la capitale du Gabon.

Quatre militaires sont rentrés en Belgique le vendredi 28 juillet et six le lendemain. Les trois autres les avaient précédés une semaine auparavant, a ajouté un porte-parole militaire, en soulignant que les relations entre les deux partenaires (militaires) "sont restées cordiales jusqu'au bout".

La coopération militaire belgo-congolaise mise sur pied en 2003 avait été brutalement interrompue le 14 avril dernier par le régime de Kinshasa après des critiques du chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, sur le choix du nouveau Premier ministre congolais, Bruno Tshibala (photo). Le rapatriement des derniers militaires belges encore présents en RDC avait rencontré de nombreuses difficultés d'ordre technique - comme l'immobilisation de toute la flotte de C-130 belges durant plusieurs semaines - et politique, les autorités de Kinshasa n'accordant des visas et les autorisations de survol et d'atterrissage qu'au compte-goutte.

Début juillet, le gouvernement congolais avait démenti bloquer des Belges à Kindu. "Il n'y a pas de soldats belges bloqués ici, ce sont des bêtises. Ils veulent partir avec leur matériel. Et pour ce faire, ils veulent que cinquante de leurs compatriotes viennent transporter ces matériels parce que les Congolais ne peuvent pas les transporter de l'entrepôt vers l'avion. Nous refusons de donner le visa à cinquante Belges", avait affirmé le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

Il a néanmoins fallu un coup de téléphone à la mi-juillet du Premier ministre Charles Michel au président congolais Joseph Kabila pour débloquer la situation et obtenir les autorisations de survol, selon une source informée. L'armée a pour sa part renoncé à envoyer, comme elle l'avait initialement prévu, une équipe de démontage pour conditionner le matériel à rapatrier, a admis le porte-parole. Une partie de ce matériel accumulé au fil des ans, comme d'antiques camions Unimog et jeeps Iltis, a toutefois été revendue ou laissée sur place.

L'armée belge maintenait depuis des années une présence à Kindu, au sein du camp Kasuku, situé dans l'enceinte de l'aéroport de cette ville. Il abritait un petit contingent déployé dans le cadre du Programme de Partenariat militaire (PPM) belgo-congolais. A Kindu, des instructeurs belges ont formé depuis 2008 la 31ème brigade des Unités de réaction rapide (URR), une unité d'élite des Forces armées de la RDC (FARDC) composée de trois bataillons commandos, d'un état-major de brigade et d'une compagnie de génie de combat. D'autres ont participé aux projets de construction de logements pour les familles des militaires congolais à Kindu et dans le camp proche de Lokandu, avec une aide financière de la Coopération au développement.