"Je crains que l’approche française des réfugiés résolve peu de choses"

Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (photo), estime que les nouveaux centres d’accueil pour réfugiés et migrants que la France va ouvrir dans le nord du pays, et notamment près de la frontière belge, ne permettront pas de résoudre le problème des camps. Ces centres ne sont en effet destinés qu’aux réfugiés qui demandent l’asile en France. "Or la plupart d’entre eux veulent se rendre au Royaume-Uni", indique Francken (N-VA).

Le gouvernement français a annoncé lundi soir son intention d’ouvrir plusieurs nouveaux centres d’accueil de réfugiés et de migrants dans le nord du pays, notamment pour répondre à l’afflux de réfugiés à Calais. L’un de ces centres verra le jour dans la localité de Bailleul, à 5 km de la frontière belge, dans un ancien hôtel Formule 1.

Les projets français inquiètent nombre de personnalités politiques belges. Elles craignent que les réfugiés et migrants ne tentent leur chance aussi en Belgique, de l’autre côté de la frontière française. Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA, photo), a déjà mis en garde via Twitter contre "les effets de débordement". Il affirme vouloir prendre contact avec son collègue français et stipule que la position belge reste d’éviter à tout prix les camps de tentes de réfugiés.

Interrogé mardi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT, depuis son lieu de vacances en Espagne, le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Francken ne s’est pas non plus montré très positif face au nouveau projet français, notamment en raison des conditions d’accueil posées par les autorités françaises. Concrètement, ces autorités ne veulent accueillir les réfugiés dans les nouveaux centres que s’ils déclarent vouloir rester en France et ne pas projeter de faire la traversée vers l’Angleterre.

"Je pense que cette approche ne résoudra pas grand-chose", indiquait Theo Francken à la VRT. "Les réfugiés et migrants ne vont jamais déclarer vouloir rester en France, parce que leur destination finale est le Royaume-Uni. Ils y ont de la famille ou des connaissances. Nous le voyons aussi à Bruxelles. Nous éprouvons aussi des difficultés pour convaincre certains réfugiés de demander l’asile en Belgique, parce qu’ils sont fermement décidés à se rendre en Angleterre. C’est un problème humain, mais difficile aussi à gérer. Nous n’enfermons pas les gens, ce ne sont pas des criminels mais souvent des migrants économiques, parfois des réfugiés. Nous leur offrons l’asile en Belgique et ils le refusent. C’est un dilemme moral aussi", conclut le Secrétaire d’Etat.