Œufs contaminés au fipronil : "pas de risque pour la santé publique"

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire annonce ce mercredi que les premiers résultats des analyses effectuées sur des œufs qui pourraient avoir été contaminés par l’insecticide fipronil - utilisé pour lutter contre les puces, tiques, poux, acariens et fourmis - sont rassurants pour la santé publique. Il n'y aurait pas de risque aigu pour le consommateur. L’Afsca exige néanmoins la destruction de lots d’œufs où a été mise en évidence la présence de fipronil, ce dernier étant interdit dans les denrées alimentaires. Des dizaines d’exploitations de volaille ont été bloquées, en Flandre notamment.

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (photo) avait été informée début juin par une société que, selon les analyses de cette dernière, des œufs avaient été contaminés par du fipronil, un insecticide utilisé pour lutter contre le pou rouge, notamment. Cette substance toxique ne peut cependant pas être utilisée dans le secteur de la volaille, ni pour d’autres animaux destinés à la chaîne alimentaire.

A hautes doses et en cas d'usage répété, l’insecticide peut en effet être nocif pour la thyroïde, le foie et les reins, indique l’Organisation mondiale de la santé. L'Afsca avait alors lancé sa propre enquête, qui devait notamment démontrer quelles autres entreprises du secteur avaient utilisé ce pesticide. La justice a également ouvert une enquête.

L'Agence a ensuite pris contact avec d'autres pays (limitrophes), le 20 juillet via l'European Alert System, afin de les informer de la présence potentielle de ce produit dans les œufs. Entretemps, des œufs contaminés ont été découverts aux Pays-Bas et en Allemagne, et des élevages de volailles y ont été bloqués.

L’Agence fédérale pour la sécurité alimentaire a aussi pris des mesures afin d'éviter que des produits contaminés se retrouvent dans le commerce et finissent dans l'assiette du consommateur. Les entreprises où l'on redoutait une contamination ont été bloquées et les œufs "suspects" ont été détruits, indique encore l’Afsca ce mercredi.

La Belgique point de départ de la contamination ?

La substance chimique fipronil se retrouve notamment dans les colliers antipuces pour chiens et chats de certaines marques. Elle a été développée par l'ancien groupe pharmaceutique français Rhône Poulenc et a été mise sur le marché en 1993. Les droits du produit appartiennent depuis 2003 à l'entreprise allemande BASF.

Le fipronil peut aussi être utilisé pour lutter contre les tiques, les poux, les acariens et les fourmis. Dans le secteur de la volaille, il a été découvert dans l'insecticide Dega-16. On peut avoir recours à ce produit pour traiter les poux rouges dans les écuries. Si la substance est légale pour les animaux domestiques, tels que le chat ou le chien, elle ne peut absolument pas être utilisée pour ceux qui intègrent la chaîne alimentaire.

La société néerlandaise ChickFriend, sise à Barneveld, est spécialisée dans la lutte contre le pou rouge dans les élevages de volaille. Les entreprises du secteur la tiennent pour responsable de la contamination des œufs. Elle a en effet notamment fait usage du Dega-16, qu'elle a acheté à l'entreprise Poultry-Vision, située dans la commune belge de Weelde, dans l'entité de Ravels, près de la frontière néerlandaise. C'est probablement là que le fipronil y a été ajouté illégalement.

Pour les éleveurs de poules, les conséquences de la situation actuelle sont dès lors très lourdes. Les œufs qui contiennent la substance sont en effet détruits et les élevages concernés sont bloqués le temps que l’Afsca fassent des analyses d’échantillons, et afin que les œufs en question ne finissent pas dans les rayons des magasins ou dans l'assiette du consommateur.

D’après Danny Coulier (photo) de l’Association flamande des élevages de volailles et de lapins, le nombre d’entreprises bloquées dans le sillage de la contamination au fipronil varie continuellement, mais il y en aurait "moins que cent" à l’heure actuelle. "Ces entreprises enregistreront évidemment des pertes".