Campenaerts champion d'Europe du contre-la-montre

Après le bronze de Sébastien Grignard et l'argent d'Ann-Sophie Duyck, Victor Campenaerts a donné à la Belgique sa première médaille d'or de l'Euro de cyclisme jeudi au Danemark. "C'est la plus grande victoire de ma carrière", a affirmé le nouveau champion d'Europe du contre-la-montre.

Avant le début de la compétition, Compenaerts avait affiché de grandes ambitions et visait tout simplement la plus haute place.

"On ne s'entraîne pas de nombreuses heures, on ne s'encombre pas l'esprit des heures durant en se disant: 'Je veux bien terminer quinzième'. Non, on s'entraîne avec un objectif, le plus élevé possible. Et je savais qu'à cet Euro, sur ce parcours et vu l'absence de certains concurrents du top, la médaille d'or n'était pas utopique. Je devais être dans un grand jour et cela a été le cas".

Campenaerts a démarré lentement. Il était 8e au premier pointage et 6e au deuxième avant de pendra la tête au troisième. "Sur un parcours comme celui-ci et lorsque l'épreuve se déroule sur une aussi longue distance, je démarre toujours plus prudemment, plus lentement. C'était donc prévu. Honnêtement, j'ai même roulé un peu plus vite que je ne l'avais planifié. Je me sentais très bien et je suis allé au-delà des wattages programmés. Bien sûr, il faut tenir jusqu'à la fin. J'ai pris deux secondes, ce n'est pas beaucoup. Dans un bon jour, on peut être 2% ou 3% plus rapide mais pas 20% d'un seul coup. Ces 2% à 3% ont fait la différence. Pendant la course, je savais que je roulais bien et que j'avais des super jambes".

En vue de cet Euro, Campenaerts a pour ainsi dire effectué son premier stage en altitude. "En Autriche avec l'équipe et cela a vraiment payé. J'ai beaucoup travaillé et je me suis également énormément amusé: cela joue aussi. Si on fait quelque chose volontiers, qu'on s'amuse avec ses équipiers, on s'entraîne et on se repose bien et du coup, on est bien dans sa tête. Cela contribue à avoir un bon sentiment. J'ai ensuite poursuivi ma préparation au Tour de Wallonie, une courte course à étapes. Vous savez, j'y ai vraiment cru à partir de ce moment.

Il faut s'entraîner mais aussi prendre le repos nécessaire. C'est ainsi que je n'ai pas amené mes vélos à la fédération. Comme je me sentais bien et que je ne voulais pas gâcher ce sentiment avec un voyage en voiture de quatre heures, j'ai demandé à mon père s'il voulait bien amener mes affaires à Bruxelles. Il n'a pas hésité. Il a même dit qu'il s'en occuperait volontiers. Il a passé six heures sur la route. Ce sont six heures que le coureur épargne et en profite pour se reposer.

Toutes ces petites choses jouent leur rôle. Ici à Herning aussi, j'ai eu un bon feeling. Je me suis amusé avec l'équipe belge, avec Lampaert. Oui, il était malade, mais jusqu'à ce matin, il croyait vraiment en être. Il a travaillé pour. Mardi et mercredi, je l'ai même convaincu de faire une séance de yoga. J'en fais régulièrement, lui pas. Mais il a pris cela au sérieux. J'ai pris l'initiative: j'ai éteint la lumière de notre chambre, j'ai mis une musique de yoga, un peu de spiritualité et j'ai dirigé la séance. C'était vraiment chouette".

"C'est un titre européen et peu importe que certains concurrents du top n'étaient pas là. J'ai le maillot et j'ai gagné devant un garçon comme Bodnar et d'autres bons coureurs. Cela compte beaucoup pour moi et je vais désormais plus travailler mes contre-la-montre. Il y a encore des progrès à faire, mais laissez-moi d'abord en profiter."