"Les critiques de John Crombez sur le scandale des œufs contaminés sont injustes"

"L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) fait du bon travail", a déclaré Piet Vanthemsche l'ancien patron de l’AFSCA et du Boerenbond. "Il réagissait ainsi aux déclarations faites vendredi soir par le président du SP.A John Crombez. Ce dernier avait estimé dans l’émission "Terzake" (VRT) que l’Agence fédérale n’avait pas abordé correctement la question des œufs contaminés à l’insecticide. Pour Piet Vanthemsche cette critique est injustifiée.

Le président du SP.A avait dénoncé le manque d’information sur ce scandale alimentaire. "Aux Pays-Bas et en Allemagne, on donne beaucoup plus d’informations sur ce scandale. Pourquoi n’étions-nous pas au courant que les œufs avaient été aspergés avec un produit toxique ? Combien d’œufs sont en circulation ?" Selon John Crombez le gouvernement et l’AFSCA sont responsables et doivent mieux informer le public.

Mais selon l’ancien directeur de l’AFSCA, Piet Vanthemsche cette critique est injustifiée. "L’Agence pour la sécurité alimentaire mène son enquête dans les entreprises qui sont aussi touchées par une procédure judiciaires. Il faut donc respecter le secret de l’instruction. L’Agence ne peut donc pas divulguer toutes les informations. Je sais par expérience que comme patron d’une telle agence on marche sur la corde raide".

"Il est toujours difficile de faire face à une crise alimentaire. Chaque jour, de nouveaux éléments remontent à la surface". Mais pour Piet Vanthemsche, "il est important que les consommateurs conservent leur confiance en l'Agence alimentaire. Aujourd'hui, il est possible de tracer les œufs. S'il y a eu des erreurs, ces œufs pourront être retirés des rayons et détruits. Ce fut déjà le cas dans le passé, lors de la crise de la dioxine en 1999. L'Agence alimentaire a des plans pour répondre à ces situations. L’AFSCA s'est engagée à protéger les consommateurs. John Crombez ne devrait pas être aussi méfiant".

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L’Allemagne exhorte la Belgique et les Pays-Bas à faire la lumière sur le scandale

Des œufs de plusieurs élevages de volailles spontanément signalés à l'autorité sanitaire néerlandaise (NVWA) ont bien été contaminés par l'insecticide Fipronil, ont confirmé des contrôles, selon l'agence de presse ANP.

Le scandale qui concerne aussi les pays voisins, a fait réagir le ministre allemand de l'Agriculture qui exhorte la Belgique et les Pays-Bas à faire la lumière sur le frelatage "criminel" à l'insecticide d'oeufs.

L'instance sanitaire néerlandaise publiera samedi une liste des codes des oeufs des entreprises concernées, a confirmé un porte-parole vendredi soir. Le nombre d'entreprises néerlandaises concernées n'est pas encore déterminé. Ces entreprises ont très certainement commercé avec ChickFriend, une société spécialisée dans l'éradication du pou rouge, qui a employé dans son produit du fipronil, une molécule prohibée dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire.

L'Allemagne a exhorté vendredi les Pays-Bas et la Belgique, où l'alerte a d'abord été donnée, à faire la lumière sur le frelatage "criminel" à l'insecticide d'œufs qui a conduit à des retraits de vente massifs en Europe.

"Quelqu'un a clairement procédé avec une énergie criminelle pour frelater (des œufs) avec un produit interdit", a déclaré le ministre allemand de l'Agriculture Christian Schmidt (photo) dans un entretien avec le quotidien Bild publié vendredi dans la nuit. "J'attends des autorités compétentes qu'elles élucident (ce dossier) rapidement et minutieusement.

En particulier la Belgique et les Pays-Bas en ont ici l'obligation", a-t-il ajouté.

Le ministère allemand de l'Agriculture a aussi expliqué que la première alerte était en fait partie le 20 juillet de Belgique, mais que Berlin n'avait été avertie qu'en fin de semaine dernière par les autorités néerlandaises. Le ministre allemand a toutefois estimé que "le système d'alerte européen qui protège les consommateurs (...) a fonctionné".

Par ailleurs, selon lui, "un danger pour la santé est pratiquement exclu". En grande quantité, le fipronil est considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La substance toxique a été détectée en Allemagne et en Belgique, mais en petites concentrations, largement en dessous des valeurs seuils convenues au niveau européen.

Les supermarchés Albert Heijn, Colruyt et Delhaize ont toutefois retiré préventivement certains œufs des rayons en Belgique, après qu'une légère concentration de la substance toxique a été retrouvée dans des produits en provenance des Pays-Bas.

En Allemagne, "au moins trois millions d'œufs contaminés" ont été livrés dans le pays selon le ministère de l'Agriculture, forçant des grandes enseignes comme REWE ou Aldi à retirer des œufs de la vente depuis jeudi.