10 000 Belges veulent être indemnisés pour des vols en retard

Cette année, 10 000 Belges ont déjà fait une demande d’indemnisation à la suite d’un avion en retard ou annulé. Cela équivaut au nombre de demandes enregistrées ces deux dernières années. Les passagers sont mieux informés de leurs droits, ce qui explique cette hausse.

Un vol en retard ou annulé ? Les citoyens confrontés à ce genre de situation peuvent par exemple faire appel à Claim It. Cette organisation a déjà récolté des demandes d’indemnisation de la part de 10 000 Belges cette année. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un vol qui a engrangé beaucoup de retard. Une double réservation ou annulation sont d’autant d’autres raisons

Ralph Pais de Claim It a deux explications pour cette hausse spectaculaire : "Non seulement les vols sont plus souvent en retard, mais les passagers sont également mieux informés de leurs droits. Jusqu’à il y a peu, les gens ne savaient tout simplement pas qu’en vertu de la législation européenne, ils avaient le droit à une indemnisation en cas de retard prolongé, de surréservation ou d’annulation."

Montants forfaitaires

Les montants que les voyageurs peuvent réclamer sont forfaitaires et varient en fonction de la distance d’un vol. Le prix d’un ticket n’a ici aucune influence. Il peut donc arriver que le montant remboursé soit supérieur au prix du ticket de départ. "J’ai déjà entendu qu’une famille de 5 personnes avait reçu 600 euros par personne après avoir été bloquée une demi-journée à l’aéroport alors que leurs vacances n’avaient pas coûté 3 000 euros", raconte Ralph Pais.

Les passagers qui ont réservé un vol de plus 3 500 kilomètres (par exemple, vers les États-Unis) ont droit de réclamer 600 euros. Pour les vols entre 1 500 et 3 500 kilomètres, 400 euros. Le montant s’élève à 250 euros par personne pour les vols plus courts en Europe.

Tribunal ou pas ?

Les passagers ne doivent pas spécifiquement porter plainte via l’organisation Claim It, ils peuvent s’adresser directement à la compagnie aérienne. "Dans un peu plus de la moitié des cas, nous allons cependant au tribunal. Des compagnies aériennes appliquent cette stratégie pour essayer de rembourser un montant inférieur. Les compagnies aériennes préfèrent payer des dizaines de milliers d’euros en frais de justice. Ce qui est étrange, car les passagers ne demandent pas un cadeau, mais quelque chose auquel ils ont droit. Nous sommes déjà même allés devant la Cour de Cassation, ce qui prouve jusqu’où peuvent aller certaines compagnies", affirme le représentant de Claim It.

Toute personne qui fait appel aux services d’une organisation comme Claim It paie une partie à cette dernière pour son intervention. Si la demande d’indemnisation ne mène à rien, le consommateur ne paie rien. Si la demande s’avère fructueuse, le consommateur reverse alors 25 % du montant dédommagé plus la tva. Dans certains cas de force majeure, comme des violentes tempêtes, une grève sauvage ou une attaque terroriste, les compagnies aériennes ne sont pas tenues de payer un dédommagement.