La Belgique a besoin d’urgence d’étrangers hautement qualifiés

Notre pays attire relativement peu de migrants dotés de hautes qualifications professionnelles, indique ce mercredi une étude comparative internationale menée par l’Institute of Labor Economics à Berlin pour la société de services en ressources humaines Randstad. Or, ces prochaines années, la Belgique aura besoin de plus d’un million de travailleurs très qualifiés et ses propres diplômés ne suffiront plus à combler les postes vacants.
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En Belgique, le nombre d’emplois destinés aux personnes peu qualifiées diminue rapidement, alors que la proportion d’emplois pour des travailleurs hautement qualifiés augmente sans cesse. Pour ces prochaines années (entre 2013 et 2025), notre pays aura besoin de 1,1 million de nouveaux travailleurs de haute qualification professionnelle, estiment les spécialistes qui ont réalisé l’étude internationale comparative pour Randstad.

Les nouvelles évolutions technologiques nécessitent en effet toujours davantage de profils très qualifiés. A cela s’ajoute le vieillissement de la population, qui a pour conséquence que de nombreux ingénieurs notamment prendront bientôt leur pension et devront donc être remplacés. Le secteur des technologies d’information et de communications (TIC) a besoin de travailleurs supplémentaires, mais aussi celui des soins de santé et le secteur public, estime Jan Denys de Randstad.

40% de Belges très qualifiés d’ici 2030

Mais où trouver de nouveaux travailleurs hautement qualifiés ? Pour une grande part en Belgique, estime Jan Denys. Les chercheurs s’attendent à ce qu’un peu plus de 40% de la population active belge aient bénéficié d’une formation supérieure de haut niveau d’ici 2030. Le pourcentage de personnes actives peu qualifiées descendra alors sous la barre des 20%.

La Belgique affiche à cet égard l’une des plus fortes progressions en Europe, avec la Suède et la France. Ce qui est un bon point pour notre enseignement supérieur performant.

Mais les Belges hautement qualifiés ne suffiront pas à combler tous les postes vacants dans le pays. Ce dernier a donc besoin d’urgence d’attirer davantage d’étrangers aux compétences professionnelles élevées. Or, pour l’instant, il n’y parvient pas.

Score très moyen pour la Belgique

La part de migrants hautement qualifiés est relativement faible (24% par rapport à l'ensemble de la population migrante) comparée à celle de nombreux pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). De plus, elle n'a pas augmenté entre 2001 et 2011. Les plus grosses proportions se retrouvent au Canada (55%), en Grande-Bretagne (48%), en Australie (43%) et en Irlande (39%), tandis que les Pays-Bas et la France affichent également un taux de 24%, contre 19% pour l'Allemagne.

Trois facteurs joueraient un rôle positif dans l'attractivité du pays pour les migrants hautement qualifiés, selon les chercheurs: le montant moyen du salaire, l'anglais comme langue véhiculaire et un faible taux d'imposition moyen. Pour ces éléments, la Belgique affiche un score moyen à carrément mauvais dans la perspective de l'OCDE.