"Nos médicaments ne sont pas développés pour tuer"

Un homme a été exécuté en Floride à l’aide d’un nouveau cocktail de médicaments, comprenant l'étomidate. Le laboratoire pharmaceutique Janssen, qui détient le brevet de ce sédatif depuis les années 60, ne veut pas être lié à cette exécution.

Vendredi, vers 11 heures, Mark Asay, a reçu une injection mortelle en Floride. La dernière exécution remonte à il y a un an et demi dans cet état américain. L’homme de 53 ans a été condamné à la peine de mort, car il a tué deux personnes, cela faisait 29 ans qu’il était en prison.

Pendant l’été 1987, Mark Asay se rendait avec son frère et un ami à Jacksonville pour y chercher des prostitués. En chemin, ils ont rencontré Robert Lee Booker. Une violente discussion a éclaté et Mark Asay a balancé des injures à l’encontre de l’homme noir avant de lui tirer un coup de feu dans la poitrine. La victime a pu s’échapper mais a été retrouvé mort dans une ruelle un peu plus loin.

Le trio a ensuite poursuivi son chemin et a croisé Renee, un homme habillé en femme. Mark Asay l’a également descendu et la victime n’a pas survécu.

Cocktail mortel

En 1988, Mark Asay a été condamné à la peine de mort, mais il a fait appel et a réussi à reporter son exécution. Jusqu’à hier. Le tueur s’est vu administrer un cocktail mortel de médicaments composé d’étomidate (endort), de rocuronium (paralyse) et d’acétate de potassium (provoque un arrêt cardiaque).

L’étomidate est un produit qui a été conçu par le groupe pharmaceutique belge Janssen, dans les années 60, comme anesthésiant. Cette entreprise a été fondée par le docteur Paul Janssen et fait partie de consortium Johnson & Johnson.

L’utilisation de ce produit dans le cadre d’une exécution n’enchante pas le laboratoire pharmaceutique, comme l’explique Luc van Oevelen de Janssen : "En tant que groupe pharmaceutique Janssen, nous nous consacrons à la découverte et au développement de nouveaux médicaments pour de grands problèmes médicaux. Nous essayons d’allonger et d’améliorer la vie des patients. Nous ne pouvons évidemment pas soutenir l’utilisation de ces médicaments lors de l’administration d’injections mortelles."