Louis Tobback défend les idées d’Elio Di Rupo

Louis Tobback, vétéran au sein du sp.a, émet des réserves quant aux fortes critiques formulées par son président, John Crombez, sur le nouveau livre d’Elio Di Rupo. "On a perdu les pédales", a-t-il commenté lors d’une interview accordée à Het Laatste Nieuws.

Le nouveau livre d’Elio Di Rupo "Nouvelles conquêtes" a soulevé un vent de critiques au nord du pays. Il propose notamment d’appliquer une semaine de 4 jours, l’âge de la pension légale à 65 ans au lieu de 67 ans ¬et un revenu universel. Les partis de droite n’ont pas accueilli avec bienveillance cet ouvrage et estiment que le PS se rapproche ainsi du communisme.

Mais, même du côté des socialistes flamands, la pilule passe mal. "La société à laquelle j’aspire n’est pas la même que celle d’Elio Di Rupo", a indiqué le président du sp.a, John Crombez, à Het Laatste Nieuws. "Les recettes qu’il présente s’éloignent des nôtres. Les différences entre le PS et le sp.a sont-elles grandes ? Certainement, nous sommes deux partis différents."

Pourtant, tout le monde ne partage pas son avis au sein du parti socialiste flamand. Le bourgmestre de Louvain et icône du parti, Louis Tobback, n’a en effet pas ménagé ses critiques envers son président : "Apparemment, nous ne partageons pas le même avis en ce qui concerne les propositions de Di Rupo. Est-ce que cela m’étonne ? Je ne m’étonne plus de rien. Je pense simplement que l’on a perdu les pédales."

Il y a 20 ans

"Les réactions envers le livre d’Elio Di Rupo ont déclenché l’hystérie à droite, et parfois même à gauche. Nous en sommes arrivés à un tel point que ceux qui pensent que les gens doivent avoir un revenu qui dépasse tout juste le seuil de pauvreté sont qualifiés de socialistes archaïques, désespérés et dépassés," poursuit-il, "il y a 20 ans, les propositions de Di Rupo auraient été applaudies par les socialistes flamands et à raison."

Et l'ancien ministre de l'intérieur ne mâche pas ses mots : "Quand je lis ce livre en diagonal, alors je ne vois pas ce qui aurait pu provoquer autant d’indignation. "Impayable ! Folie ! Fiction !" Je ne peux qu’en conclure qu’on assiste à un lavage de cerveau. "Laissez respirer les entreprises ! Nous n’allons quand même pas à nouveau jeter en pâture notre compétitivité ?" Ce genre de foutaise. Quel absurdité ! Je me demande ce qu’il y a de difficile à avaler pour les socialistes dans ce livre."