Zuhal Demir s’indigne à propos du mariage arrangé d’une ado de 14 ans

La secrétaire d’État à l’asile et la migration, Zuhal Demir (N-VA) s’est indignée sur sa page Facebook. Elle demande aux enseignants de ne pas fermer les yeux face aux cris d’alarme d’enfants allochtones. Selon elle, il ne faut pas confondre "négligence coupable" avec tolérance".

Mardi, le quotidien De Standaard a rapporté le témoignage d’une enseignante de Vilvorde qui explique qu’elle a donné un cours d’éducation sexuelle à une fille de 14 ans, car elle allait bientôt se marier. La secrétaire d’État s’est indignée étant donné qu’on n’est pas intervenu.

Deux poids, deux mesures

Zuhal Demir s’est plainte sur Facebook de la mentalité des Belges : "J’étais choquée et profondément indignée. C’est la énième preuve que les primo-arrivants ne sont pas considérés sur un pied d’égalité dans ce pays. Les gens doivent être épargnés des critiques en raison de leur origine ethnique ou religieuse, pour ne pas donner l’impression de discriminer ou d’être racistes."

Elle ajoute qu’il existe deux poids, deux mesures : un pour les autochtones et un pour les "autres Belges". Lors de l’émission "De Wereld vandaag" sur Radio 1, elle a proposé une piste : "nous devons appliquer les mêmes droits pour les autochtones et les allochtones, aussi en matière de traditions spécifiques à une culture, comme le mariage arrangé. Nous ne devons vraiment pas dire : c’est leur culture."

Dans le quotidien De Standaard, l’enseignante de Vilvorde a expliqué comment elle a été confrontée à cette expérience lors des cours d’été organisés par Teach For Belgium, une organisation qui accompagne les jeunes défavorisés. Une adolescente de 3e secondaire lui a demandé conseil, car elle allait se marier. "Elle n’avait encore eu aucune éducation sexuelle. J’ai dû lui expliquer. Heureusement, j’avais du matériel didactique à disposition", a indiqué l’enseignante.

L’adolescente n’a pas été retrouvée

Zuhal Demir pense qu’une histoire semblable ne serait jamais arrivée à une jeune fille flamande "L’enseignante n’aurait pas toléré qu’une "Anne-Sofie" de 14 ans ait un mariage arrangé. Et à raison. Elle aurait appelé la protection de la jeunesse, la police. Et tout ça pour protéger l’enfant." La secrétaire d’État a demandé à son cabinet de contrôler l’affaire. Résultat : "L’enfant n’a pas été retrouvée et est sans doute mariée sans que personne n’agisse."

Zuhal Demir ne reproche rien à l’enseignante ou à l’organisation, mais parle d’un voile qui recouvre toute la société et lance un appel : "Avec cette histoire, je veux, en cette période de rentrée scolaire, demander aux enseignants de ne pas être aveugle à ces cris d’alarme d’enfants allochtones. Ne confondez pas "négligence coupable" avec tolérance".