"La police pourra utiliser des bodycams, mais avec des restrictions"

Le cabinet du ministre de l’Intérieur a indiqué que les policiers devraient être autorisés prochainement à porter des caméras corporelles lors de leurs interventions. Il rappelle qu’un projet de loi a été approuvé en ce sens en 2016 par le gouvernement fédéral. Le bourgmestre d’Anvers réclame ces bodycams, à la suite d’un incident survenu vendredi à Borgerhout.

Les agents de police ne pourront toutefois utiliser ces caméras corporelles qu'après avoir prévenu les personnes présentes sur le lieu de l'intervention et pour la durée de celle-ci, a précisé le cabinet du ministre de l’Intérieur Jambon.

Le bourgmestre d'Anvers et président de la N-VA, Bart De Wever, avait réclamé dimanche, lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision VTM, l'introduction "le plus rapidement possible" de ce genre d'équipement pour les policiers. Il commentait un incident survenu vendredi soir dans la commune anversoise de Borgerhout au cours duquel deux policiers ont été blessés lors d'un affrontement avec un groupe de quelque 150 jeunes.

Le cabinet de Jan Jambon (photo) a confirmé ce lundi qu'un projet de loi révisant la loi "caméra" et celle sur la fonction de police avait été approuvé par le conseil des ministres l’an dernier. Le texte est actuellement examiné par le Conseil d'Etat, avant d'être envoyé à la Chambre.

Il précise que les agents sont autorisés à utiliser des "bodycams", mais avec des restrictions, dans des situations "tendues". Ils doivent en effet annoncer aux personnes présentes qu'elles sont filmées. Les caméras doivent aussi être éteintes après une intervention.

Le criminologue Brice De Ruyver s'est déclaré, ce lundi, partisan de l'utilisation de bodycams pour fournir notamment des éléments de preuves. "C'est un instrument qui permet d'exclure des discussions", a déclaré De Ruyver à la VRT-radio, soulignant que les caméras pouvaient également fournir un matériel didactique utile.