"Des médicaments étrangers sont vendus plus chers en Belgique"

Le ministre de l’Economie et des Consommateurs, Kris Peeters (CD&V), promet une surveillance accrue du prix des médicaments. Il ne veut plus tolérer que les producteurs puissent rester vagues sur leurs coûts réels. L’administration aura donc le droit de consulter la comptabilité des fabricants. Certains médicaments venant de l’étranger seraient en effet réemballés et vendus plus chers dans notre pays, parfois sous un autre nom. L’information rapportée par le quotidien Het Nieuwsblad a été confirmée à la rédaction de la VRT par le ministre.

"Les producteurs doivent soumettre une demande de prix pour chaque médicament, mais dans la pratique ces demandes contiennent souvent des informations insuffisantes sur les coûts réels. Les fonctionnaires du service public fédéral Economie pourront dès le 1er octobre se pencher sur les livres de comptes et registres", confirme Kris Peeters (photo archives).

Dans un article paru dans son dernier numéro, le magazine d'investigation Médor avait mis en lumière le système appelé "convention article 81", qui permet depuis 2010 à l'Etat de rembourser des médicaments généralement très onéreux dont l'efficacité thérapeutique ou le rapport coût-bénéfice sont encore incertains. Les prix de ces médicaments sont négociés entre les firmes pharmaceutiques et le gouvernement, puis fixés dans des conventions ultra confidentielles.

Selon le magazine, le coût du système explose et atteindra 2,1 milliards d'euros pour les années 2015 à 2018.

Le ministre de l’Economie souligne aussi que "des médicaments bon marchés issus de l’étranger sont vendus plus chers en Belgique. Parfois ils reçoivent un autre emballage, parfois même un autre nom" avant que leur prix soit majoré. Et Kris Peeters de poursuivre : "Je veux que les médicaments soient vendus de façon honnête, à des prix équitables".