Pour la justice belge le PKK n’est pas une organisation terroriste

La Turquie s'en est prise vendredi à la Belgique, la qualifiant de "maillon faible" de la lutte antiterroriste mondiale, après une décision de la justice belge selon laquelle les séparatistes kurdes du PKK ne pouvaient être poursuivis pour terrorisme.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a qualifié d'"inacceptable" la décision prise jeudi par la chambre des mises en accusation de Bruxelles de prononcer un non-lieu dans le dossier relatif au Parti des travailleurs du Kurdistan turc (PKK, séparatiste).

Cette décision de la justice belge affaiblira la lutte contre le terrorisme en Europe, a ajouté le chef de la diplomatie turque dans un communiqué.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles avait prononcé un non-lieu jeudi dans le dossier relatif au PKK, confirmant ainsi la décision rendue en première instance par la chambre du conseil. Le parquet fédéral avait demandé le renvoi en correctionnelle de 36 personnes et sociétés liées au PKK pour participation aux activités d'un groupe terroriste et pour avoir procédé à des extorsions pour leur cause auprès de la communauté kurde en Belgique.

La chambre des mises en accusation a estimé que le conflit turco-kurde était un conflit armé non-international et que le PKK n'était donc pas une organisation terroriste, selon l'un des avocats de la défense, Me Jan Fermon - alors que cette guérilla kurde figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.
L'arrêt de la cour belge "montre de nouveau que la Belgique est un maillon faible en Europe et dans le monde en matière de lutte contre le terrorisme", ajoute le communiqué du ministère des Affaires étrangères, selon qui la Turquie entend faire appel de cette décision.

Le PKK est une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux, dont l'Union européenne et les Etats-Unis.
Le conflit kurde en Turquie a coûté la vie à plus de 40.000 personnes depuis son déclenchement en 1984. Les combats ont repris en 2015 après la rupture d'une trêve qui a sonné le glas des pourparlers de paix entre Ankara et le Parti des Travailleurs du Kurdistan.