Plus de 120 appels déjà à l’assistance pour pédophiles

"Stop it Now", le numéro d’appel gratuit destiné aux personnes qui se sentent attirées sexuellement par les enfants et qui veulent obtenir de l’aide, a déjà reçu 127 appels ou courriels près de quatre mois après son lancement. L’initiative est financée par le ministre flamand du Bien-être, Jo Vandeurzen, et un fonds de la Fondation Roi Baudouin. Quelque 60% des appels émanent de personnes inquiètes de leurs sentiments à l’égard de mineurs d’âge. Mais les partenaires, la famille ou des amis de certains pédophiles contactent également cette ligne.

Le 19 mai dernier, le numéro d’appel gratuit et anonyme était lancé en Flandre pour aider les pédophiles et tenter d’éviter qu’ils ne passent à un acte d’abus sexuel. Via la ligne d’assistance "Stop it Now", ils peuvent exprimer leurs sentiments et leurs craintes.

"Beaucoup de gens qui appellent veulent simplement pouvoir dire ce qu’ils ont sur le cœur. Mais d’autres cherchent réellement une aide", indique Minne De Boeck, criminologue du Centre universitaire forensique et responsable du projet Stop it Now. Depuis le lancement de la ligne d’assistance, une douzaine de personnes ont pu être redirigées vers un centre spécialisé.

Mais des proches de personnes attirées sexuellement par des enfants prennent aussi contact avec Stop it Now, que ce soient des partenaires, des membres de la famille ou des amis, voire même des professionnels concernées.

Influencés par les médias

Près de quatre mois après le lancement de cette assistance, 127 appels ou messages y ont été passés. "Mais nous constatons que cela dépend beaucoup des médias", précise Minne De Boeck. Le nombre de prises de contact avec la ligne d’assistance dépend clairement d’articles ou reportages dans les médias. "Pendant son premier mois d’existence, la ligne a reçu 66 appels. Il serait donc important que la ligne Stop it Now soit citée chaque fois que les médias rapportent un événement ayant trait à la pédophilie ou l’abus d’enfants".

Toujours selon Minne De Boeck, la plupart des contacts avec Stop it Now sont pris via e-mail, "parce qu’un courriel ne dépend pas des heures d’ouverture comme la ligne téléphonique. Nous constatons d'ailleurs que des gens ont essayé d’appeler en-dehors des heures d’ouverture. Mais il est aussi probable que des gens se sentent mieux avec un email qu’un coup de téléphone, parce qu’on peut mieux le préparer".

Les appels téléphoniques à la ligne d’assistance durent en moyenne 21 minutes. Certaines personnes ont aussi appelé plusieurs fois.

La ligne a en outre été confrontée six fois jusqu’ici à des personnes qui songeaient au suicide. "C’est un problème. Théoriquement, nous savons que les personnes qui ont des tendances pédophiles sont davantage sujettes à la dépression et que le taux de suicide est plus élevé parmi ce groupe de personnes. Mais la pratique nous le confirme donc aussi. Et cela nous inquiète. Ces personnes ressentent plus souvent de la peur ou de la honte. Pour nos collaborateurs aussi, il est difficile d’évaluer pendant la conversation téléphonique quel est le risque de passage au suicide", précise encore De Boeck.

Les collaborateurs recevront bientôt une formation donnée en concertation avec le Centre de prévention du suicide.

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