Charles Michel critique le discours "va-t-en-guerre" de Donald Trump à l'ONU

Le Premier ministre belge Charles Michel (MR) a accueilli "sans enthousiasme" le premier discours prononcé mardi par le président américain Donald Trump lors de l'Assemblée générale des Nations Unies. Charles Michel a par ailleurs rencontré à New York le président de la République islamique d'Iran Hassan Rohani.

"Je ne suis pas étonné. Trump à fait du Trump", a commenté M. Michel, peu après l'intervention du locataire de la Maison Blanche.
"Nous ne pensons pas qu'une approche va-t-en-guerre va contribuer à plus de paix dans le monde", a déclaré le chef du gouvernement belge, alors que le président américain a entre autres menacé de "détruire totalement" la Corée du Nord, un "régime vicieux" et "corrompu".

La Belgique a une autre approche sur la question nord-coréenne, a rappelé M. Michel, qui prône la recherche d'un dialogue avec Pyongyang. Il a également souligné l'importance de mobiliser la Chine dans ce processus.

Le Premier ministre a par ailleurs déploré la remise en cause par Donald Trump de l'accord sur le nucléaire iranien.

"La conclusion de cet accord constituait un pas dans la bonne direction", a affirmé Charles Michel.

"Cette remise en cause peut constituer un momentum politique pour l'UE"

Le Premier ministre Charles Michel a rencontré mardi à New York le président de la République islamique d'Iran Hassan Rohani, en marge de l'assemblée générale de l'ONU. Les deux hommes ont évoqué de multiples sujets, dont le conflit syrien, la lutte contre le terrorisme, ou encore l'accord sur le nucléaire iranien.

D'après le chef du gouvernement belge, la remise en cause de cet accord par le président américain Donald Trump peut constituer un momentum politique pour l'Union européenne.

"C'est une occasion pour elle de défendre ses valeurs. Que l'Iran soit ouvert à des collaborations à différents niveaux est une bonne chose", a affirmé M. Michel.

"Beaucoup de pays européens sont convaincus qu'il faut un dialogue avec l'Iran pour avoir de la stabilité", a-t-il poursuivi, en qualifiant à cet égard l'accord conclu en 2015 sur le nucléaire de "pas dans la bonne direction". Les Européens vont se mobiliser pour que cet accord soit respecté, tout en attendant de Téhéran de la loyauté dans son implémentation, a-t-il précisé.

Le Premier ministre a par ailleurs émis son souhait de renforcer les collaborations belges avec l'Iran, et à ce titre proposé à M. Rohani d'effectuer une visite en Belgique.

Charles Michel a enfin souligné que l'entretien avait également été l'occasion d'aborder des points de désaccord, notamment sur des questions relatives aux droits de l'Homme.