La circoncision non médicale ne doit plus être prise en charge par l'Inami

La pratique de la circoncision non médicale chez les garçons ne doit plus être remboursée par la sécurité sociale, estime le Comité consultatif de Bioéthique dans un avis publié mardi. Ce dernier avait été interpellé en janvier 2014 par le président du Comité d'éthique médicale des hôpitaux IRIS-Sud sur les aspects éthiques de la circoncision chez les garçons, quand il s'agit d'une intervention sans nécessité médicale.

Dans son avis, le Comité consultatif de bioéthique ne recommande aucune modification législative concernant la circoncision masculine. Il estime par contre que la charge financière de la circoncision non médicale ne doit pas incomber à l'ensemble des citoyens.

Essentielle, obligatoire et pratiquée à huit jours de vie chez les juifs, la pratique est non contraignante et plus tardive chez les musulmans.

Elle consiste à réaliser, chez l'homme, une ablation circulaire, totale ou partielle, de la peau du prépuce.

Il y a plus de 25.000 circoncisions hospitalières par an, en Belgique, selon les chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami). Leur coût pour la sécurité sociale représentait en 2014 quelque 2,6 millions d'euros.

Afin de formuler son avis, le Comité s'est penché sur quatre questions précises, à savoir: Est-il éthiquement admissible de procéder à une circoncision en dehors de toute indication médicale ? ; Est-il éthiquement admissible qu'une circoncision en dehors de toute indication médicale soit pratiquée par un médecin et en milieu hospitalier ? ; Est-il éthiquement admissible que cette intervention soit à charge de la sécurité sociale ? ; Est-il éthiquement admissible que la loi traite différemment la circoncision masculine de la circoncision féminine ?

Dans leur avis, les membres du Comité n'ont toutefois pas réussi à s'accorder sur l'ensemble des questions.

Aussi en ce qui concerne la pratique hospitalière de la circoncision, certains membres estiment que l'"intervention d'un médecin doit être éthiquement et déontologiquement autorisée, précisément pour minimiser les risques liés à l'atteinte à l'intégrité physique".

Pour d'autres, "la pratique par un médecin d'une intervention non justifiée médicalement et avec la résection d'une partie d'un organe chez une personne mineure qui ne peut donner son consentement, constitue un problème éthique sérieux: le médecin sollicité doit alors tout tenter pour dissuader les parents de recourir à cette intervention, tant que leur enfant ne peut exprimer lui-même son consentement."

En guise de conclusion, le Comité propose, à l'unanimité, de "réfléchir à surmonter les controverses en encourageant l'évolution des pratiques vers la seule symbolique, de sorte que les rites continuent à se réaliser, mais sans inscription dans la chair de l'enfant".

Cela permettrait, selon le comité, de respecter toutes les sensibilités religieuses sans qu'il soit porté atteinte à l'intégrité physique de quiconque.