Airbnb rapporte 300 millions d’euros en Belgique

La plateforme américaine en ligne de location de logements, Airbnb, communique pour la première fois elle-même sur ses activités en Belgique. L’année dernière, elle aurait eu un impact économique de 300 millions d’euros avec 15 000 loueurs et 800 000 touristes en Belgique.

Près de 15 000 Belges ont loué un logement l’année dernière via Airbnb. C’est la première fois que le géant américain communique lui-même sur ses activités en Belgique alors qu’il y est actif depuis 2012.

La section belge fait partie du bureau à Paris, l’un des six "hubs" en Europe. Emmanuel Maril, dirigeant pour la France et la Belgique, explique : "C’est simple, nous transférons 300 millions d’euros aux 15 000 loueurs belges qui accueillent nos hôtes. À côté de ça, il y a aussi l’impact économique direct venant de tous les voyageurs qui vont faire les magasins, vont au restaurant, effectuent des activités et prennent les transports."

Payer des impôts ?

La société veut bien communiquer, mais ne souhaite pas pour autant dévoiler son chiffre d’affaires. Le dirigeant pour la France et la Belgique ne répond pas vraiment non plus à la question de savoir si l’entreprise paie des impôts en Belgique : "Airbnb paie des impôts partout où elle doit les payer. De plus, les particuliers qui louent un immeuble ici doivent déclarer aussi leurs revenus et ils paient des impôts sur ce montant."

Les loueurs doivent d’ailleurs respecter plus de critères. En Flandre, ils doivent enregistrer leurs logements à Toerisme Vlaanderen. À Bruxelles, un enregistrement est également nécessaire ainsi que l’envoi de nombreux documents, tels qu’une assurance-incendie, la preuve de propriété, etc.

Concurrence avec les hôtels traditionnels

La plupart des nuitées sont réservées dans les villes et autour, même si l’offre en dehors des villes devient de plus en plus importante : "Nous sommes présents dans de plus en plus de communes et c’est une bonne chose. Entretemps, 80 % de notre offre ne se trouve pas dans les environs directs d’un hôtel."

Emmanuel Maril dément que son entreprise met des bâtons dans les roues des hôtels traditionnels : « Ce sont d’autres personnes qui font appel à Airbnb : les familles et les jeunes, des voyageurs qui ne seraient pas venus en Belgique autrement. 30 % de nos hôtes indiquent qu’ils ne seraient pas venus en Belgique ou seraient restés moins longtemps. Nous ne sommes donc pas des concurrents, mais un complément à l’offre touristique actuelle."

Certaines personnes profitent de l’engouement pour Airbnb et sont devenus des loueurs professionnels qui disposent de plusieurs appartements qu’ils utilisent exclusivement pour Airbnb. La réaction de l’entreprise américaine : "Je ne peux pas exclure qu’il y ait des personnes ici et là qui le fassent, mais le loueur moyen en Belgique loue un logement seulement 30 jours par an. Il ne s’agit donc pas de loueurs professionnels."

Limitation du nombre de nuitées

Dans certaines villes, bon nombre de propriétaires préféreraient louer leur logement via Airbnb plutôt que de le placer sur le marché de la location classique. C’est la raison pour laquelle, à Amsterdam, on a limité le nombre de nuitées à 60. La ville de Gand envisage également une mesure similaire.

Le dirigeant d’Airbnb relativise : "Les Belges, à l’instar des Français et des Espagnols, offrent surtout des nuitées dans leur lieu de résidence principale. Ils ne les louent que pour quelques jours. Ils souhaitent ainsi gagner un petit extra, une sorte de 13e mois. On est quand même loin des propriétaires qui louent leur immeuble 365 jours par an, non ?"