Trois Flamands sur dix ne se sentent pas heureux

Si une majorité de Flamands se sent heureux, trois sur dix affirment pourtant ne pas l’être. C’est ce que révèle une enquête, réalisée pour Radio1 (VRT), sur les grandes questions existentielles de la population. Par ailleurs, un Flamand sur quatre se sent seul, pour Leo Bormans, spécialiste de la psychologie positive et auteur de nombreux livres sur le bonheur, ces résultats sont préoccupants.

Trois Flamands sur quatre se sentent malheureux, un Flamand sur quatre a déjà pensé au suicide. Si pour Leo Bormans ces chiffres correspondent en général aux attentes, ils restent néanmoins inquiétants.

"Il s'agit de savoir si nous sommes heureux de la vie que nous menons dans notre intégralité. C'est donc un chiffre troublant de voir que tant de gens disent qu'ils ne se sentent pas bien dans leur peau. Cela a beaucoup à voir avec les gens qui se sentent seuls" estime Leo Boremans.

La solitude touche aussi les jeunes

Les chiffres montrent qu'un Flamand sur quatre se sent souvent seul. Il ne s'agit pas seulement des personnes âgées, mais aussi des jeunes", dit Bormans.

"Ces jeunes peuvent avoir beaucoup d'amis sur Facebook et ne pas être socialement solitaires, mais bien émotionnels. C’est-à-dire qu’ils ne savent pas chez qui aller lorsqu’ils ont des problèmes ou quand cela va mal".

Leo Bormans estime que la solitude est un problème majeur et durable pour l'avenir, parce que le bonheur et la solitude sont deux sentiments étroitement liés".

Rétablir la peine de mort

Autres chiffres préoccupants, plus de la moitié des Flamands pense que les meurtriers devraient être passibles de la peine de mort. (En Belgique, la loi du 10 juillet 1996 a aboli la peine de mort).

Ivo Aertsen, professeur de criminologie à la KU Leuven, ne s’inquiète pas de ce résultat. "Nous constatons cette tendance que de plus en plus de gens trouvent que la peine de mort est à nouveau acceptable, cela se reflète dans d’autres sondages aussi. Il y a une dizaine d'années, en moyenne, un tiers des adultes dans les pays occidentaux étaient favorables à la peine de mort. Ce nombre a considérablement augmenté", a-t-il expliqué ce lundi dans l’émission "De ochtend".

"Le problème avec ce type d'opinion, c'est que la question du sondage est plutôt simpliste. Des questions précises ont été posées quant à savoir si des meurtriers devraient pouvoir écoper de la peine de mort. Vous ne savez pas si vous demandez vraiment à quelqu'un son avis moral sur la peine de mort, ou si vous lui demandez sa réaction suite à une action particulière, dans ce cas-ci un meurtre", ajoute Ivo Aertsen.

"Selon moi, le résultat du sondage reflète plutôt un sentiment instinctif qu'une opinion réfléchie et informée. Cela correspond à un sentiment général, assez vague, d'insécurité et de doute que beaucoup de gens ressentent aujourd'hui. Ce sentiment s'accompagne souvent de tendances ou d'opinions extrêmes".

Peur d’une Troisième Guerre mondiale

Une grande partie de la population flamande regarde avec anxiété tout ce qui se passe dans le monde. 44% de la population a peur d’une Troisième Guerre mondiale.

C’est la santé et puis l’amour qui a le plus d’importance dans la vie des Flamands, la nature joue aussi un rôle fondamental.

Les Flamands accordent beaucoup place aux aspects sociaux, les proches sont souvent mentionnés comme un moteur important de leur vie.

La société en tant que telle joue un rôle moins central.

La culture et la patrie occupent une position encore moins centrale, ce qui ne signifie pas qu’elles sont sans importance. Près d’un Flamand sur quatre indique que la culture donne un sens à sa vie.