Une campagne publicitaire incite les étudiantes à se prostituer

"Le site de rencontre norvégien "Rich Meet Beautiful" qui par sa campagne publicitaire s’adresse à des étudiantes et leur propose d’améliorer leur revenus en sortant avec un "Sugar daddy" constitue un cas d’exploitation des personnes vulnérables et n’est donc pas le bienvenu à Louvain (Brabant flamand)" C’est ce que déclarent les échevines de Louvain Denis Vandevoort (Egalité des chances) et Bieke Verlkinden (Affaires étudiantes).

Le jury d’éthique publicitaire (JEP) a été saisi d’une plainte. Cette plainte sera examinée mardi prochain. Pour Noor Sigurd Vedal, le CEO de RmB, il y aurait un potentiel de 300.000 membres pour le site en Belgique d’ici 2018.

"Ce genre de publicité n’a pas sa place dans une société égalitaire et certainement pas dans une ville étudiante progressiste comme Louvain. L’image véhiculée et l’ensemble du concept témoignent d’une vision sexiste totalement dépassée de l’homme et de la femme que nous rejetons catégoriquement" a déclaré Denise Vandevoort (SP.A).

De son côté Bieke Verlinden (SP.A) souligne qu’ "il s’agit d’une exploitation de la position vulnérable de jeunes personnes démunies. C’est à nous, en tant que société, de veiller à ce que le fait de faire des études reste possible pour tout le monde et sans le recours à des "suggar dady’s" qui profitent de la situation de ces jeunes en difficulté pour les manipuler".

Bianca De Baets dépose plainte

La secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances Bianca De Baets (CD&V) va déposer plainte auprès du parquet contre cette campagne de publicité pour le site "Rich meet beautiful", a-telle indiqué ce mardi matin.

"La société derrière cette campagne agressive et ignoble est sans le moindre doute engagée dans le domaine de la prostitution de jeunes étudiantes", a estimé mardi dans un communiqué la secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des Chances Bianca Debaets. "Pour moi, il s'agit de l'exploitation de jeunes filles vulnérables, qui se trouvent parfois dans des situations économiques difficiles et qui sont attirées par la promesse de beaux cadeaux onéreux et de rétribution financière si elles sont disposées à se lier à des hommes d'affaires plus âgés."

Les affiches publicitaires du site de rencontres Rich meet Beautiful (RmB) vont être interdites sur les territoires de la Ville de Bruxelles et de la commune de Watermael-Boitsfort.
 

Du côté francophone aussi

De son côté, l'Union des étudiants de la Communauté française (Unecof) compte porter plainte à la police dès mardi contre la campagne publicitaire lancée par le site de rencontres "Rich meet Beautiful" (RmB) à proximité des universités et des hautes écoles bruxelloises. "Il s'agit d'une campagne sexiste qui promeut la réification de la femme", s'insurge la présidente du syndicat étudiant, Opaline Meunier.

L'Unecof entend porter l'affaire devant la justice. Sa présidente souligne que de nombreux membres ont été "absolument scandalisés" par cette publicité. "Il s'agit d'une certaine forme d'incitation à la prostitution", estime Opaline Meunier. Si rien sur le site ne stipule que les "sugar baby's" doivent entretenir des relations sexuelles avec l'homme qu'elles rencontrent, les allusions aux rémunérations ne souffrent que de peu d'ambiguïtés, fait-elle valoir.