Depuis avril, trois nourrissons déposés dans la boîte à bébés à Anvers

Au cours des cinq derniers mois, trois bébés de sexe mâle ont été trouvés dans la boîte à bébés de l’organisation Moeders voor Moeders à Anvers. Avec la petite Anna, qui a été abandonnée cet hiver, cela porte le total à quatre bébés, ce qui constitue un record pour cette année 2017.

Theo, Simon et Felix. Tels sont les prénoms qui ont été retenus pour les trois nouveau-nés déposés ces derniers mois dans la boîte située à la Helmstraat à Borgerhout. "Ils sont tous les trois en bonne santé", dit Katrin Beyer de Moeders voor Moeders, l'asbl qui a installé la boîte à bébés il y a exactement 17 ans aujourd'hui.

Après un passage à l'hôpital pour enfants "Good English", les trois nourrissons ont été placés dans des familles d’accueil. La police et le parquet ont également été informés de la triple découverte mais il s'agit d'une pure formalité, car dans la pratique, le parquet d'Anvers ne poursuit pas les mères qui déposent leurs enfants dans la boîte à bébés. Depuis 2000, quinze bébés ont été placés dans cette boîte.

L'Open VLD soutient la possibilité d'un accouchement "dans la discrétion"

L'Open VLD souhaite développer la possibilité d'un accouchement "dans la discrétion", rappellent mercredi les parlementaires Carina Van Cauter, Sabien Lahaye-Battheu et Nele Lijnen à la suite du succès rencontré par la boîte à bébés installée à Anvers.

Selon la formation libérale flamande, accoucher "discrètement" concilie dans la mesure du possible les intérêts du parent avec ceux de l'enfant, tant à court qu'à long terme.

Une boîte à bébés est nécessaire car il n'y a pas en Belgique de législation autour de l'accouchement discret ou sous X, estime le parti.

L'Open VLD plaide depuis des années pour une telle loi et a encore introduit une proposition de loi sous cette législature.

Mmes Van Cauter, Lahaye-Battheu et Lijnen proposent de faciliter l'accouchement dans la discrétion. "La grosse différence avec un accouchement sous X comme cela existe en France, réside dans l'établissement d'un registre dans lequel plusieurs données sont collectées afin que, si la question se pose un jour, le parent et l'enfant déposé puissent connaître réciproquement leur identité", expliquent-elles.

Cela donne au moins la possibilité à l'enfant de trouver ses racines. En outre, des cas médicaux particuliers pourraient être consignés dans le registre de façon à permettre à l'enfant de savoir s'il est porteur d'une maladie héréditaire.

Une formule d'accompagnement serait liée à cette procédure d'accouchement discret. Selon Sabien Lahaye-Battheu, il ressort de chiffres de l'ASBL flamande Adoptiediensten que pour les parents qui se font accompagner dans leur choix de se distancer du nouveau-né, une autre solution est trouvée dans 80% des cas.

"Et pour les autres 20%, il est de toute façon important que le parent soit bien accompagné", souligne Mme Lahaye-Battheu.

Moeders voor Moeders : "L'accouchement discret ne constitue pas une solution"

La proposition d'accouchement "discret" que des parlementaires Open VLD souhaitent remettre sur la table ne constitue pas une solution pour les mères qui déposent leur nouveau-né dans la boîte à bébés d'Anvers, selon l'ASBL Moeders voor Moeders.

"Le fait que des données soient enregistrées pour offrir une chance à l'enfant de retrouver ses origines par la suite constitue un obstacle déjà trop important pour elles", soutient Katrin Beyer, de Moeders voor Moeders.

"Notre expérience nous apprend que si tu offres la possibilité d'accoucher dans l'anonymat complet, les mères sont souvent tentées par après de laisser spontanément leurs données."

Treize enfants ont été découverts dans la boîte installée à Borgerhout en 2000, dont quatre cette année. "Mais en 2012, il y en avait eu déjà trois, et puis plus aucun l'année suivante. Il n'est donc pas facile d'établir des tendances", poursuit Mme Beyer.

"Nous constatons, sur la base des appels reçus à notre ligne de contact, que de nombreuses mères sans recours proviennent de l'extérieur de la région anversoise. La plupart sont même francophones. C'est pourquoi nous regrettons que l'initiative à Bruxelles (Evere, NDLR) ait été si critiquée. Les bébés qui sont déposés dans la boîte ont presque toujours moins de 24 heures.

Une mère des environs de Charleroi devrait ainsi se précipiter dans une voiture juste après l'accouchement pour faire tout le chemin jusqu'à Anvers. Cela augmente le risque qu'elle opte pour une solution plus proche mais beaucoup moins sûre."

Des treize enfants déposés à Anvers, au moins une mère est revenue sur sa décision et pour d'autres, une forme de contact a été établie, explique encore Katrin Beyer.