Le Parlement flamand : qu’est-ce que c’est ?

La première session plénière au Parlement flamand de l’année politique a eu lieu ce mercredi. Tous les députés flamands s’y sont retrouvés pour la rentrée parlementaire. Mais comment fonctionne le Parlement flamand et qui y siègent ?

Ce mercredi, c’était la première session plénière durant laquelle le Parlement flamand a accordé son soutien à la politique générale du ministre-président flamand, Geert Bourgeois (N-VA). Mais, au fait, qui siège au sein de l’assemblée flamande et comment a-t-elle été créée ?

Deux en un

Commençons par le début. Lors de la première réforme de l’État en 1970, les communautés font leur apparition en Belgique, la communauté flamande est née. Dix ans plus tard, on assiste à la création de la Région flamande et de la Région wallonne (Bruxelles suivra en 1988).

Contrairement à ce qu’il se passe au sud du pays, les autorités flamandes décident de fusionner directement ces deux entités. L’assemblée législative de la Région et de la Communauté flamande prend alors le nom de « Conseil flamand ». Depuis 1996, le « Conseil flamand » change de nom et devient le « Parlement flamand ».

Jusqu’en 1995, les parlementaires flamands étaient choisis parmi les élus du Parlement national. Les premières élections directes du Parlement flamand ont lieu le 21 mai 1995. Quelque 124 députés siègent au Parlement flamand situé rue de Louvain, à deux pas du Parlement fédéral. 118 sont membres de la Région flamande et les 6 autres de la Communauté flamande.

En d’autres termes, ces derniers sont élus sur le territoire de la Région Bruxelles-Capitale et ne peuvent voter que sur des domaines relatifs aux compétences des communautés, notamment l’enseignement, la culture et les médias.

Une majorité similaire au fédéral

À la suite des dernières élections régionales qui se sont déroulées en mai 2014, les nationalistes flamands de la N-VA sont arrivés en tête avec 42 sièges. Ils ont formé une coalition qui est identique à celle au Parlement fédéral, le parti libéral francophone (MR) en moins. Aux côtés de la N-VA, on retrouve les chrétiens-démocrates du CD&V et les libéraux de l’Open VLD.

Tout comme au fédéral, les familles politiques socialistes se retrouvent dans l’opposition. Au niveau flamand, cette coalition de centre-droit bénéficie d’une majorité confortable avec 88 sièges sur les 124.

Un député francophone

Entre tous ces députés néerlandophones, on retrouve un député … francophone ! Il s’agit de Christian Van Eyken qui appartient au parti DéFI et représente « l’Union des francophones » au Parlement flamand. Il a été élu dans la commune à facilités de Rhode-Saint-Genèse.

Il est apparu dans les médias à la suite de l’affaire "Van Eyken". Le 27 janvier 2016, le parquet de Bruxelles annonce son inculpation et sa mise sous mandat d'arrêt pour l'assassinat de Marc Dellea, l'ancien mari de sa collaboratrice, Sylvia Boigelot, qui était son attachée parlementaire, mais aussi sa maîtresse.

Le 6 janvier 2016, son immunité parlementaire est levée. Il est finalement libéré le 28 janvier à la demande du parquet en raison d'une faute de procédure, le juge d'instruction ayant omis de signer le mandat d'arrêt. Il revient alors sur les bancs du Parlement flamand.

Fin septembre 2017, la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a reporté, le procès au 5 mars 2018, car la défense n'est parvenu pas à consulter au greffe des pièces à conviction.

Qui est qui ?

Le Parlement flamand a son président qui, comme son nom l'indique, préside les sessions plénières. Chaque parti représenté dans l'assemblée a son chef de groupe.

Jan Peumans (N-VA)
Président du Parlement flamand

Né à Maastricht, il est un fervent défenseur du bouddhisme et se rend régulièrement au temple bouddhiste à Tihange. Au niveau professionnel, il a été directeur marketing et stratégie pour la société de transport De Lijn entre 1991 et 2004. Il était membre de la Volksunie et est ensuite passé à la N-VA. Il est le président du Parlement flamand depuis 2009 et a déclaré qu’il ne se présenterait plus aux élections régionales en 2019 et fera ses adieux à ces membres.

Matthias Van Diependaele
Chef de groupe (N-VA)

Licencié en droit à l’université catholique de Louvain (KULeuven), il est originaire de Saint-Nicolas (Flandre orientale) et siège au Parlement flamand depuis 2009. Il est également le petit-fils de l’ancien sénateur Renaat Van Diependaele pour la Volksunie.

Koen Van den Heuvel
Chef de groupe (CD&V)

Licencié en sciences politiques et sociales ainsi qu’en économie à KULeuven, il est le bourgmestre de Puurs (province d’Anvers) depuis 1997. Il a également travaillé comme économiste au sein de la Banque nationale entre 1989 et 2004. Il siège au Parlement flamand depuis 2004.

Bart Somers
Chef de groupe (Open VLD)

Il a étudié le droit à la KULeuven. Il a occupé de nombreuses fonctions politiques à différents niveaux de pouvoir. Entre 1999 et 2003, il a siégé comme député fédéral à la Chambre. Il a ensuite remplacé Patrick De Waele au poste de ministre-président flamand entre juin 2003 et juillet 2004, car Patrick De Waele a décidé d’occuper la fonction de ministre de l’Intérieur au niveau fédéral. Il est également bourgmestre de Malines depuis 2001.

Joris Vandenbroucke
Chef de groupe (SP.A)

Né à Louvain, il a obtenu une licence en histoire et ensuite un diplôme en économie. Il a occupé de nombreuses fonctions en interne, dont chef de cabinet de Freya Van den Bossche entre 2010 et 2014, quand elle était ministre flamande de l’énergie, de l’habitat, de villes de l’économie sociale. Il a été député flamand de 2005 à 2009 pour la circonscription du Limbourg et siège à nous depuis 2014 pour la circonscription de la Flandre orientale.

Björn Rzoska
Chef de groupe (Groen)

Originaire de Saint-Nicolas, il a notamment été vice-président de Groen entre 2009 et 2013. Il a étudié l’histoire à l’université de Gand ainsi qu’un post-graduat en gestion culturelle et artistique. Il a également été professeur dans le domaine de l’art. Il siège au Parlement flamand depuis 2013.

Chris Janssens
Chef de groupe (Vlaams Belang)

Né à Genk, il a étudié le droit. Il a notamment travaillé comme collaborateur notarial. Il représente le parti d’extrême-droite au Parlement flamand depuis 2009.