De Lijn ne bénéficie pas du taxshift et attaque le fédéral en justice

La société régionale flamande de transports en commun (photo) va intenter une action en justice contre le gouvernement fédéral, avec pour enjeu une économie annuelle de 18 millions d’euros, voire même son avenir en tant qu’entreprise publique. Le ministre flamand Ben Weyts soutient De Lijn dans son action contre la ministre fédérale Maggie De Block.

De Lijn se plaint d'un abaissement des charges lié au tax shift, dont bénéficient ses homologues wallon (TEC) et bruxellois (Stib) mais pas elle-même. "Pour des raisons historiques, nous manquons chaque année une économie substantielle", estime le directeur général de la société De Lijn, Roger Kesteloot.

Elles seraient en rapport avec le statut de l'entreprise aux yeux de l'Office national de sécurité sociale (ONSS), une compétence aux mains de la ministre de la Santé publique Maggie De Block (photo) qui "pourrait - par une simple adaptation - nous enlever d'une liste d'un arrêté royal de 1970 " et arranger ainsi les choses, déclarait Kesteloot.

Le ministre flamand de tutelle, Ben Weyts (N-VA), soutient De Lijn dans son action en justice contre Maggie De Block, tout en indiquant qu'il "comprend qu'il est difficile pour la ministre de lâcher 18 millions d'euros". De son côté, la ministre libérale est formelle: De Lijn n'a pas droit à l'abaissement de charges, qui ne s'applique simplement pas à son cas. "Et le tax shift n'a jamais eu pour but de modifier le champ d'application", indique-t-elle.

Pour le parti socialiste SP.A, dans l'opposition, le comportement de la ministre dans ce dossier est clairement un signe d'une pression libérale dans le cadre d'un "agenda de privatisation des transports en commun" flamands, indique le chef de file Joris Vandenbroucke.