Une jeune femme qui voulait aller épouser un djihadiste en Syrie condamnée

Une jeune femme qui souhaitait se rendre en Syrie à l'âge de 18 ans pour être auprès de son ami combattant pour l'État islamique, a été reconnue coupable par le tribunal correctionnel de Gand (Flandre orientale) d'avoir apporté son aide à une organisation terroriste. Selon la défense de la prévenue, celle-ci est partie uniquement "par amour". Elle bénéficie de la suspension du prononcé. C'est la première fois que ce tribunal considère le fait de vouloir fonder une famille avec un djihadiste, et d'ainsi "aider à peupler le califat", comme une participation à un groupe terroriste.

La prévenue est née en Syrie mais a grandi en Belgique. Âgée de 18 ans, elle avait été interpellée en mai 2015 à l'aéroport de Zaventem. La jeune femme était en contact avec un homme parti en Syrie en octobre 2014 pour combattre dans les rangs de l'Etat islamique. Elle est soupçonnée d'avoir voulu apporter une aide matérielle et logistique à l'organisation terroriste.

La défense avait réclamé l'acquittement puisque la jeune femme avait agi "par amour" et n'était pas "mêlée aux activités terroristes". Le ministère public estimait de son côté que le fait de vouloir peupler le califat représentait une forme de participation à un groupe terroriste et s'était opposé à l'acquittement. Le tribunal correctionnel a suivi le parquet.

"L'amour n'est pas un prétexte pour commettre des délits", a déclaré le président. "En étant prête à partir vers le califat pour se marier et fonder une famille, elle avait l'intention de contribuer à peupler l'organisation et de ce fait, lui permettre de se renforcer numériquement." Elle "savait parfaitement que son ami était combattant en Syrie, et le considère comme un héros malgré ses activités", affirme encore le jugement.

Le parquet fédéral pense que l’ami de la jeune femme est mort en Syrie, mais sans en avoir la certitude. L'homme a été condamné par défaut en Belgique à cinq ans de prison. "Toute mission suicide d'un djihadiste doit idéalement être précédée d'un mariage, et elle a voulu se donner au califat", a commenté le procureur fédéral Jan Kerkhofs.

Les trois juges ont par contre tenu compte du fait "qu'elle n'avait que 18 ans au moment de sa tentative" de départ et que "ses motivations étaient principalement de nature romantique", lui accordant la suspension du prononcé. Cela signifie que la jeune femme ne se verra pas attribuer une peine si elle respecte des conditions strictes pendant cinq ans.

Elle ne peut par exemple pas quitter le pays sans autorisation préalable et doit aussi transmettre son numéro de téléphone à la police, sans pouvoir utiliser d'autres numéros de GSM. La jeune femme doit encore se soumettre à un accompagnement psycho-social axé sur la déradicalistion. La prévenue et son avocat n'étaient pas présents pour le prononcé du jugement.