"Les enquêtes sur les gendarmes ont souvent été bâclées"

Pendant deux ans, au sein de la commission d'enquête parlementaire, le professeur de criminologie Cyrille Fijnaut a examiné les enquêtes menées sur les tueries du Brabant. "J' y ai découvert que les enquêtes en direction de gendarmes n'étaient souvent pas assez approfondies, pas assez cohérentes et pas assez rapides", a-t-il déclaré ce lundi dans l’émission "De ochtend" (VRT).

Un ancien gendarme qui était aussi membre de l’unité d’élite du Groupe Diane aurait avoué, il y a deux ans, sur son lit de mort qu’il était le géant de la bande des Tueurs du Brabant, qui ont fait 28 morts il y a plus de trente ans.

En 1982 et dans les années suivantes de nombreuses enquêtes ont été menées sur des gendarmes et l’unité d’élite de la gendarmerie. A l’époque, une dizaine de noms avaient été cités.  "J’ignore si le gendarme dont on parle aujourd’hui faisait partie de ce groupe, mais cela ne m’étonnerait pas du tout" a déclaré le professeur Fijnaut.

Selon Fijnaut, beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites sur les liens possibles entre le gang des tueurs et la gendarmerie. "Parfois aussi un certain nombre de bêtises, mais j'ai dû constater qu'en général, les enquêtes menées vers des gendarmes – au moins une trentaine - étaient souvent insuffisamment approfondies, peu cohérentes et pas assez rapides".

Cyrille Fijnaut estime encore que pour qu’il y a ait une véritable avancée dans ce dossier il faudrait du changement en ce qui concerne les repentis.

"Je l'avais proposé à l'époque, mais il n’y a eu aucune volonté sur ce point notamment du côté du PS. C'est très regrettable. S'il s’avère exact qu'un ancien gendarme était prêt à faire des aveux sur son lit de mort, il serait vraiment dommage qu'il n' y ait aujourd’hui toujours aucune loi sur les repentis".

A l'heure actuelle, en Belgique, le statut de repenti n'existe pas de manière générale dans le code pénal.

Koen Geens s’informe sur l’état précis de l’enquête

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), a rencontré dimanche soir en urgence le collège complet des procureurs généraux dans le cadre du dossier des tueries du Brabant suite aux récents articles parus dans la presse. "Les procureurs généraux de Liège et de Mons ont fait part de l'état précis de l'enquête".

Koen Geens "prépare un avant-projet de loi relatif aux repentis, qui sera introduit d’ici le début de l’année prochaine au Parlement", précise également le communiqué, rappelant que le délai de prescription pour de tels fait est passé de 30 à 40 ans.

Laurie Dieffembacq

Des dizaines d’anciens collègues du "géant" interrogés

Des dizaines d'anciens collègues de Christiaan B., désormais décédé et suspecté d'être le "géant" des Tueurs du Brabant, sont interrogés par la police. Tant les membres des unités d'élite du Groupe Diane que des policiers locaux d'Alost où le suspect a terminé sa carrière, rapporte lundi Het Laatste Nieuws.

Les enquêteurs auraient débuté en pistant et contactant tous les gendarmes qui ont fait partie du Groupe Diane à la fin des années 70 et au début des années 80. En 1986, ceux-ci avaient déjà tous été entendus sans succès, selon le juge d'instruction à l'époque.
En plus de ces personnes, une trentaine d'anciens collègues de la police locale d'Alost sont interrogés.

Le quotidien rapporte encore les propos du frère de Christiaan B. qui affirme que les anciens gendarmes Madani Bouhouche et Robert Beijer sont venus à leur domicile à Dendermonde. Les liens de ces deux individus avec les Tueurs du Brabant ont déjà été évoqués précédemment.