Le président catalan destitué en route vers Bruxelles?

D’après les informations obtenues par la rédaction de la VRT, mais aussi les agences de presse AFP et Belga, Carles Puigdemont (photo) et cinq ex-conseillers de son gouvernement seraient en route pour Bruxelles, ou déjà arrivés, pour y rencontrer des avocats et des représentants politiques. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon souligne avec force que son parti N-VA n’a pas invité le président catalan destitué en Belgique, comme l’ont suggéré certaines sources.

D’après l’agence de presse AFP, qui se base sur des médias espagnols, Carles Puigdemont serait déjà à Bruxelles. L’agence de presse Belga affirme avoir appris que le président catalan destitué et cinq ex-conseillers de son gouvernement vont demander l'asile politique en Belgique, d’après une information de la chaîne espagnole La Sexta que confirme le quotidien El Periodico. Ils se trouveraient lundi à Bruxelles pour une réception privée de la N-VA, apprenait encore Belga.

Mais le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a fermement démenti, ce lundi après-midi, que Puigdemont se trouvait à Bruxelles sur invitation de la N-VA.

Les propos du Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA, photo), ce week-end, ont créé la confusion et entrainé de vives critiques de divers membres de la majorité politique. Francken a en effet déclaré que Carles Puigdemont et d’autres Catalans pourraient demander l’asile politique et une protection en Belgique. Le Premier ministre Charles Michel demandait finalement à Francken de ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Afin d’éviter un différend diplomatique avec l’Espagne, il appartient maintenant aux représentants des gouvernements fédéral et flamand d’éviter toute rencontre directe avec Carles Puigdemont. La VRT a appris de sources gouvernementale que la situation est actuellement gérée par le Premier ministre.

"Si Puigdemont rencontrait effectivement des représentants politiques, nous pouvons nous attendre à ce qu’il parle avec des partis. Dans ce cas, nous pensons en premier lieu à la N-VA", estimait le journaliste Johny Vansevenant (VRT). La rédaction a tenté de questionner à ce sujet plusieurs membres de la N-VA, mais sans succès.

Des membres d’autres partis de la majorité auraient déclaré : "Nous importons ainsi un problème étranger pour l’usage interne de la N-VA, qui veut satisfaire les nationalistes".

Entretemps, le Partido Popular du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a qualifié "la fuite" de Carles Puigdemont de "signe de désespoir absolu". "Le fait qu’il se rende à Bruxelles, siège des institutions européennes où la défense de l’Etat de droit est l’une des grandes valeurs, est une contradiction. C’est une erreur", estime Fernando Martínez-Maillo, secrétaire général du PP de Mariano Rajoy. Il affirme encore que "Puigdemont est libre d’aller à Bruxelles … et de revenir".