Une centaine de témoignages depuis les révélations sur le "Géant"

Les récentes révélations dans le dossier des tueurs du Brabant ont déclenché un flot de témoignages. Christian De Valkeneer, procureur général de Liège et responsable de la cellule d’enquête, en a informé la VRT. "Nous avons déjà reçu beaucoup de tuyaux au cours des deux dernières semaines. Je ne sais pas exactement combien, mais certainement plus de 100".

Il y a près de deux semaines, le nom de Chris B. est apparu pour la première fois dans les médias. Il serait celui qu’on avait baptisé le "Géant" de la bande des Tueurs du Brabant. "Depuis nous avons reçu beaucoup d’informations par plusieurs voies : les enquêteurs, le numéro vert, le ministre de la Justice, moi-même ou mes collègues. Je ne sais pas exactement combien, mais certainement plus de 100", a déclaré Christian De Valkeneer. Il ignore si un tuyau en or - cité par l'avocat Jef Vermassen -fait partie de tous ces tuyaux.

De Valkeneer souligne que tous les éléments du passé ayant un lien avec la gendarmerie sont à présent considérés autrement. "Nous devons rassembler tous ces éléments, les examiner et essayer d'établir des liens. Selon lui, dans le passé, il y avait un certain nombre de témoignages de gendarmes qui avaient reçu des ordres étranges. "Par exemple, il y avait des gendarmes qui étaient présents dans leur unité lorsqu'ils ont appris les faits. Ils ont ainsi déclaré: "En principe, dans un cas pareil, toutes les équipes auraient dû aller sur le terrain, or nous devions rester à l'intérieur".

Selon Christian De Valkeneer, il n' y a cependant pas de preuves formelles que la piste de la gendarmerie est bien la bonne. "Que ce soit une coïncidence, ou qu'il y ait un lien vers le dossier : c'est difficile à dire. Il est prématuré de dire que la piste de la gendarmerie est la bonne. Cela reste un témoignage et pas des preuves".

"Les pistes avancées par monsieur Vermassen ont déjà été vérifiées et n'ont jamais abouti. C'est une non-information", a réagi Christian De Valkeneer, interrogé également par la RTBF.

Le "tuyau en or" est le témoignage d’un gendarme impliquant sa hiérarchie

Le "tuyau en or" à même de faire avancer l'enquête sur les tueries du Brabant, évoqué par Jef Vermassen, l'avocat d'une victime, est une explication d'un ancien gendarme de la brigade d'Alost, rapportent jeudi les journaux Het Laatste Nieuws et De Morgen.

L'ex-gendarme affirme qu'il a dû donner l'ordre le 9 novembre 1985 de cesser la surveillance du Delhaize d'Alost une demi-heure avant la fermeture, soit quelques minutes avant l'attaque.

Selon les journaux flamands, le "tuyau en or" évoqué par l'avocat se réfère au témoignage du gendarme après le 15 octobre.

Il aurait mentionné le nom d'au moins un supérieur hiérarchique qui a donné l'ordre à la voiture Renault 4 de la gendarmerie de fuir. Son témoignage suggérerait donc que l'attentat "était un travail interne à la gendarmerie".

Le contenu de la déclaration a été confirmée mercredi par plusieurs sources aux journaux, mais pas par l'avocat Jef Vermassen.

"On en sait désormais suffisamment pour faire la lumière sur l'affaire"

Mercredi lors d'une interview au journal télévisé de la chaîne privée flamande VTM, l'avocat de la victime David Van de Steen Jef Vermassen avait déclaré que ce "tuyau en or" donné il y a quinze jours pouvait résoudre l'enquête.

Il avait évoqué "une déclaration de nature décisive", sans en préciser la teneur. Selon l'avocat, cette déclaration est "une révélation sur qui se cache derrière (les tueries) et qui peut expliquer comment de telles attaques ont pu se dérouler sans que la police n'intervienne".

Il pense que la police en sait désormais suffisamment pour faire la lumière sur l'affaire des tueries du Brabant. Jef Vermassen a lui-même reçu ces dernières semaines des dizaines de déclarations de "témoins qui n'ont jamais été pris aux sérieux" mais qui souhaitent témoigner.