Le silence prudent de la N-VA sur la Catalogne

"La N-VA soutient les déclarations du ministre-président flamand Geert Bourgeois sur la Catalogne", a déclaré le porte-parole du parti à la VRT. Cependant, de nombreux politiciens nationalistes flamands restent très silencieux sur ce sujet sensible.

C’est le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) qui avec son Tweet a exprimé son mécontentement, jeudi soir, face à l’attitude de Madrid sur la question Catalane.

Il a estimé qu’"enfermer des dirigeants démocratiquement élus c’était aller plus qu’un pont trop loin".

"Jamais un tel conflit politique ne pourra être résolu par des poursuites judiciaires" a déclaré de son côté le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) au quotidien De Standaard.

Une réaction assez étonnante car ces derniers jours, c’était plutôt le silence radio de la part des nationalistes flamands au sein du gouvernement sur la question de la Catalogne.

Et cela est tout à fait logique. La N-VA a de la sympathie pour les Catalans et la lutte qu’ils mènent pour leur indépendance mais d’un autre côté, les nationalistes flamands font partie du gouvernement fédéral belge et ne veulent pas d’un conflit avec Madrid.

"Nous ne voyons pas en quoi les propos de Geert Bourgeois poseraient un problème. Nous partageons son point de vue", a déclaré le porte-parole de la N-VA à la VRT.  Mais pour le reste, le parti nationaliste ne veut pas faire d’autres commentaires pour le moment.

Après l'incarcération de huit membres du gouvernement catalan, la justice espagnole va sans doute demander vendredi à la Belgique de lui livrer le président indépendantiste destitué Carles Puigdemont, sous le coup de poursuites après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. Notre pays est donc à nouveau dans une situation délicate. Même si cela dépend avant tout de la justice et que la politique ne devrait pas intervenir.

Un mandat d'arrêt européen devrait être émis dans la journée par la juge madrilène chargée d'instruire le procès des dirigeants destitués.

Au sein du gouvernement fédéral personne ne veut réagir pour le moment, pas même les ministres N-VA. Tous déclarent qu’il s’agit d’une question juridique. "Il ne serait pas raisonnable de faire pour le moment une déclaration au nom du gouvernement fédéral" déclare-ton au cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA).
 

La Commission européenne renvoie aux autorités judiciaires espagnoles

Invitée à s'exprimer sur la décision de la justice espagnole de poursuivre les membres du gouvernement catalan démis, et de les placer en détention préventive, la Commission européenne s'est retranchée derrière son respect de l'ordre constitutionnel espagnol. Il s'agit d'un dossier "pour les autorités judiciaires", a estimé une porte-parole lors du briefing quotidien.