"Les Wallons ne méprisent pas le néerlandais, ils ont juste peur"

Chapeau en feutre et moustache fine, Bert Kruismans (photo) est aujourd’hui l’une des rares personnalités du pays à être connue des deux côtés de la frontière linguistique. Originaire d’Alost, l’artiste flamand n’a jamais hésité à monter sur scène pour faire rire un public francophone. Aucune frontière ne semble l’arrêter. Il le prouve une fois de plus en publiant, en français et en néerlandais, son premier livre: "Le Belge tout nu" ("De Blote Belg") paru aux éditions Lannoo. Armé de chiffres et d’humour, il nous livre un portrait sans tabou des habitants du royaume. Dans un entretien accordé à Joyce Azar pour DaarDaar, Bert Kruismans se dévoile, lui aussi, un peu plus. Conversation avec un Belge comme les autres, ou presque.

Le public francophone vous connait surtout pour vos spectacles, et pour votre participation aux "cafés serrés" sur La Première (RTBF). Pourquoi cette envie soudaine d’écrire un livre?

Ce n’était pas mon idée à la base, mais celle de l’éditeur, qui m’a demandé de le faire il y a quelques années déjà. J’ai d’abord refusé, mais depuis l’arrivée de Donald Trump, on parle beaucoup d’ "alternative facts" et de "fake news". J’ai pu constater sur les réseaux sociaux et dans d’autres médias que de nombreuses thèses circulent sur les Belges. J’ai donc finalement trouvé que c’était une bonne idée de prendre le temps de vérifier si les thèses avancées sont vraies ou pas.

Vous avez écrit cet ouvrage en deux langues, tout comme vous faites vos spectacles en néerlandais et en français. Pourquoi est-ce si important pour vous?

D’abord pour prouver que c’est possible. Je trouve ça intéressant de travailler dans cet espace belge, et de dire que je ne travaille pas uniquement pour les Belges francophones ou pour les Belges néerlandophones. Mis à part dans le secteur musical, il n’y a pas beaucoup de gens qui connaissent bien leur pays. Comment serait-il possible pour les Belges de se sentir Belge si les artistes eux-mêmes ne le font pas, si les politiciens sont divisés, et ne parlent que pour leur communauté linguistique? Il n’y a que les ministres fédéraux qui vont aussi bien à la VRT qu’à la RTBF. Si les responsables politiques et les artistes gardent des frontières dans leurs têtes, ça devient impossible pour les citoyens de ne pas en faire de même. On peut tout à fait profiter de la situation belge et explorer en profondeur l’autre partie, aussi bien physiquement que grâce à internet.

 

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