La Belgique rallie une alliance internationale contre le charbon

La Belgique a rejoint officiellement jeudi, à l'occasion de la 23e conférence internationale sur la climat (COP23) à Bonn, une alliance internationale visant à favoriser l'abandon du charbon comme source d'énergie dans le monde. Représentée par la ministre fédérale de l'Énergie et de l'Environnement, Marie Christine Marghem, la Belgique fait partie d'une vingtaine d'États à intégrer cette initiative lancée par le Canada et le Royaume-Uni.

Cette alliance intitulée "Energiser au-delà du charbon" vise concrètement à "l'abandon de la production d'électricité à partir du charbon". En la rejoignant, la Belgique "souhaite envoyer un message clair que l'âge du charbon est définitivement derrière nous", a déclaré Marie Christine Marghem (photo archives) au cours d'une conférence de presse, aux côtés des ministres canadiens et britanniques et du ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot.

La dernière centrale au charbon en Belgique était située à Langerlo (photo), près de Genk (Limbourg), et a cessé de fonctionner en 2016. Le Canada rappelle que 40% de l'électricité dans le monde provient des centrales au charbon, l'abandon à terme de ce combustible fossile particulièrement polluant étant un impératif pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.

Selon l'Onu, 80 à 90% des réserves actuelles de charbon devront rester inexploitées si le monde veut tenir l'objectif d'une limitation du réchauffement sous la barre des 2°C. Les partenaires de l'alliance s'engagent, politiquement, "à éliminer graduellement de leur territoire les centrales au charbon traditionnelles existantes et à imposer un moratoire à toute nouvelle centrale au charbon traditionnelle sans dispositif de captage et de stockage du carbone en état de marche se trouvant sur leur territoire".

Les partenaires s'engagent également "à appuyer une énergie propre au moyen de leurs politiques et de leurs investissements, et à restreindre le financement des centrales au charbon traditionnelles qui ne possèdent pas de dispositif de captage et de stockage". L'alliance passera aussi par des échanges de "pratiques exemplaires" et des "initiatives concrètes" favorisant la transition vers l'abandon du charbon.

Les ONG satisfaites

Outre ses deux initiateurs (Canada et Royaume-Uni), l'alliance "Energiser au-delà du charbon" compte plusieurs pays européens aux côtés de la Belgique – à savoir l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suisse), ainsi que l'Angola, le Costa Rica, Fidji - qui préside la COP23 -, les Iles Marshall, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, plusieurs États canadiens et l'État de Washington.

L'objectif est de porter le nombre de partenaires à 50 d'ici la COP24, qui se déroulera en décembre 2018 à Katowice, en Pologne. Du côté des ONG, on voit la participation de la Belgique à cette initiative plutôt d'un bon œil.

"On aurait aimé que la déclaration aille un tout petit peu plus loin et écarte les fausses solutions telles que la capture et le stockage du carbone (CCS), mais nous sommes très satisfaits du signal clair qui est adressé tant à la Pologne (qui accueillera la COP24) qu'aux Etats-Unis", souligne le CNCD-11.11.11, qui parle tout de même d'"une belle initiative", "sachant que le charbon représente encore aujourd'hui 40% des émissions mondiales de CO2.