De Wever reconnaît que la police bruxelloise l'avait informé de la manifestation kurde

La police locale anversoise a bien eu un contact téléphonique avec son homologue bruxelloise au sujet de la manifestation kurde qui a dégénéré en importantes émeutes dans la ville portuaire, a confirmé lundi le bourgmestre Bart De Wever (N-VA) via son porte-parole. Le maïeur anversois avait pourtant personnellement déclaré dimanche ne pas avoir été au courant d'un tel avertissement en provenance de la capitale.

"Il y a apparemment bien eu un contact téléphonique à ce sujet entre les zones de police", précise Bart De Wever via son porte-parole. Mais ses services étaient déjà au courant de la venue du bus et cela n’aurait rien changé. Nous avons d'ailleurs pour habitude à Anvers de permettre la liberté d'expression et de manifestation autant que possible à condition que de bons accords soient conclus. Les événements qui sont interdits peuvent se compter sur les doigts d'une main", a ajouté Bart De Wever.

Le bourgmestre explique que des accords clairs avaient été conclus avec les organisateurs de la manifestation. Celle-ci devait ainsi rester statique. Il n'était dès lors pas prévu qu'un bus de propagande circule dans un quartier de la ville à forte densité turque, souligne Bart De Wever.

Philippe Close :"Nous avons averti Anvers de l'arrivée du bus"

Pourtant dimanche soir, via son porte-parole Bart De Wever avait déclaré qu'il n'avait pas été informé personnellement d'un avertissement émis par son collègue bruxellois Philippe Close (PS) sur la manifestation kurde qui avait dégénéré à Anvers le 27 octobre.

"Si M. Close a averti la Ville d'Anvers, cela n'a, en tout cas, pas été transmis au bourgmestre", avait souligné dimanche le porte-parole de M. De Wever. "Cela n'a pas non plus été noté dans le debriefing de l'incident".

Philippe Close avait indiqué, sur le plateau de l'émission de RTL-TVi "C'est pas tous les jours dimanche" qu'il avait interdit un rassemblement de ressortissants kurdes à Bruxelles à la fin du mois d'octobre dernier après avoir été informé de l'arrivée d'un autocar de la campagne "Free Ocalan".

Le bourgmestre a ajouté en avoir informé la ville d’Anvers qui n'avait quant à elle pas jugé nécessaire de procéder de la sorte avant les incidents violents survenus le 27 octobre dernier, dans le quartier de Brederode.

Des émeutes avaient éclaté fin octobre à Anvers lorsqu'un bus de manifestants kurdes avait, sans le vouloir, abouti dans la rue de Brederode, où vivent de nombreux immigrés turcs. La confrontation avait débouché sur un accès de violences. Huit personnes avaient été blessées, dont un policier.

La police avait interpellé 41 personnes et une interdiction de rassemblement avait été instaurée durant près d'un mois. Elle a été levée la semaine dernière, la situation s'étant apaisée.