Les Flamands sont-ils racistes et les Wallons paresseux ?

L’ULB et l’Université de Gand ont mené une étude de psychologie sociale sur les clichés entre Wallons et Flamands. Une série de thèmes sensibles ont été abordés dont la collaboration, le travail, racisme.

Les Wallons sont paresseux, les Flamands sont racistes… Voilà un certain nombre de clichés que l’on peut parfois entendre de part et d’autre de la frontière linguistique. Mais ces idées préconçues représentent-elles la réalité ?

C’est en tout cas la mission des chercheurs Nicolas Van der Linden (ULB) et Arne Roets (UGent) qui ont publié leurs conclusions mardi dans sept articles dans un numéro spécial de la revue scientifique “Psychologica Belgica”.

Les Flamands sont-ils plus racistes que les Wallons ?

La réponse est négative. Les Flamands se montrent d’ailleurs plus favorables envers les migrants que les Wallons. Dans les médias, les responsables politiques flamands osent tenir des discours souvent plus tranchés vis-à-vis des personnes immigrées qui convainquent une certaine partie de l’électorat flamand.

Cependant, même si les préjugés envers les migrants semblent être moins représentés dans le choix électoral en Wallonie, les Wallons sont dans la pratique plus négatifs envers les migrants.

Les Flamands reportent-ils la faute sur les Wallons ?

Certains le font, mais il s’agit des mêmes Flamands qui ne voient pas les migrants et les minorités culturelles d’un bon œil. Selon les chercheurs, ces préjugés trouvent leurs origines dans un sentiment de menace économique.

Et l’amnistie pour les collaborateurs ?

Le thème de l’amnistie des collaborateurs est sensible au nord comme au sud du pays. Les médias francophones ont tendance à présenter l’amnistie pour les collaborateurs de la Seconde Guerre comme une demande des partis flamands. D’après les conclusions, les attitudes vis-à-vis de l’amnistie sont majoritairement négatives tant chez les francophones que chez les néerlandophones, même si les Flamands y sont un peu moins défavorables.

Tous des victimes

Selon cette étude, les Wallons et les Flamands estiment tous deux qu’ils sont mal compris par l’autre communauté. Ils éprouvent un sentiment de victimisation sans pour autant aller jusqu’à la violence. Ce qui affecte les émotions ressenties à l’égard de l’autre communauté.