L’assaillant du Thalys repéré en 2012 par la Sûreté de l’Etat

Ayoub El Khazzani, l’auteur de l’attentat déjoué du Thalys le 21 août 2015 au nord de la France, était connu de la Sûreté de l’Etat depuis juin 2012. C’est ce que rapporte ce samedi le quotidien La Libre Belgique, sur base du rapport annuel du Comité R - qui contrôle les services de renseignement et de sécurité - qui vient d’être publié.

D’après le rapport annuel du Comité R, le service de renseignement belge avait été alerté en 2012 et 2015 par ses homologues espagnols qui s'inquiétaient de la radicalisation du jeune délinquant marocain Ayoub El Khazzani (photo). Son frère Imran était également sous surveillance.

"Les frères étaient associés à un membre éminent d'une cellule djihadiste étrangère", écrit le Comité R. Les Espagnols soupçonnaient cette personne d'avoir fui vers la Belgique et d'être "le maillon d'un réseau plus large impliqué dans l'envoi de combattants en Syrie".

Dans son rapport d'activités 2016, le Comité R pointe des lacunes dans la gestion du dossier qui fut "géré de manière routinière" en 2012 et par la suite. Il constate que ni le service espagnol, ni la Sûreté "n'ont défini le degré d'urgence ou d'importance" du cas Khazzani, mais note le manque de moyens à l'époque.

"La facilité avec laquelle les intéressés ont pu se déplacer en Europe, voire en dehors de ses frontières, la facilité avec laquelle ils peuvent utiliser toutes sortes de moyens de communication et peuvent résider anonymement dans des régions ou des pays sans être détectés, représentent un défi majeur pour les services de renseignement et de sécurité", conclut le rapport du Comité R.

Le contexte : 1.200 documents

Le Comité R place cependant ce dossier dans son contexte général. Il précise que la Sûreté de l’Etat a reçu, pendant le mois où les autorités espagnoles (août 2015) lui ont demandé d’identifier 3 numéros de téléphone, quelque 1.200 documents de services de renseignements étrangers. Le Comité R constate que le dossier qu’a reçu la Sûreté de l’Etat sur El Khazzani n’était pas très détaillé.

Les services de renseignements espagnols n’ont pas indiqué non plus qu’il s’agissait d’une affaire urgente. Le Comité R souligne enfin que les moyens dont dispose la Sûreté de l’Etat sont limités.