Inauguration de la nouvelle ambassade belge à Kinshasa

Le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders effectuait lundi une visite officielle éclair en République démocratique du Congo, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle ambassade de Belgique à Kinshasa. Le gouvernement congolais a boudé cette inauguration. Aucun de ses membres n’a répondu à l’invitation belge.

La visite éclair était organisée alors que le climat politique entre Bruxelles et Kinshasa est difficile. Les autorités congolaises ont en effet été contrariées par les déclarations du chef de la diplomatie sur la nomination de Bruno Tshibala en tant que nouveau Premier ministre en avril dernier. Cette nomination "s'écarte de la lettre et de l'esprit de l'accord de la Saint-Sylvestre", avait déclaré Didier Reynders (photo archives).

Après d'intenses négociations, les élections présidentielles devaient être fixées au plus tard à la fin de l'année, avec un an de retard. Les électeurs congolais se rendront finalement aux urnes, au plus tôt, en décembre 2018. La province du Kasaï, dans l'est du pays, est toujours en proie à un grave crise humanitaire. Les groupes rebelles s'en prennent régulièrement à l'opposition, à la société civile et aux journalistes.

Le régime de Kinshasa reproche au ministre des Affaires étrangères de se ranger du côté de l'opposition. Les relations diplomatiques ne se sont pas réchauffées ces derniers mois. En septembre dernier, lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, la délégation congolaise a insisté pour que le ministre Reynders n'assiste pas à la rencontre entre le Premier ministre Charles Michel et le président Joseph Kabila. Une rencontre entre les deux leaders n'est, d'ailleurs, pas prévue, tout comme d'autres réunions officielles.

Ambassade partagée avec les Pays-Bas

Le ministre Reynders n'a pas reçu mandat du "kern » du gouvernement pour des contacts officiels. L'homologue congolais du chef de la diplomatie Leonard She Okitundu sera en Côte d'Ivoire en prévision du sommet Europe-Afrique, auquel Didier Reynders prendra également part. "Le timing de la visite n'est pas idéal", selon Nadia Nsayi de l'association néerlandophone Broederlijk Delen/Pax Christi.

L'ONG demande que Reynders transmette un message clair aux autorités à Kinshasa, sur l'organisation des élections et les libertés démocratiques. Mais en l'absence de contacts officiels, il est peu probable que le vice-Premier ministre arrive à faire passer ce message aux autorités congolaises.

La nouvelle ambassade de 4.000 m² a coûté 10,5 millions d'euros. Il s'agit d'un important projet du ministère des Affaires étrangères et d'un des premiers bâtiments à deux tiers passif en Afrique centrale. L'ambassade emploiera près de 200 personnes et accueillera également l'ambassade des Pays-Bas.