Le télégramme semble avoir fait son temps

Le 29 décembre, l’entreprise de télécommunications Proximus mettra définitivement fin à son service d’envoi de télégrammes, après plus de 170 ans de bons et loyaux services. Bien que ce service ait beaucoup changé ces dernières années, il subsistait encore pour une poignée de clients. Les messages étaient notés entre deux appels par les opérateurs du call-center bruxellois des renseignements téléphoniques 1207 (en néerlandais), 1307 (en français) et 1407 (en allemand). Ces 11 derniers mois, quelque 8.000 télégrammes ont encore été envoyés et reçus, contre 1,5 million de messages par an au début des années 1980.

Certains clients professionnels, "une dizaine", continuaient à recourir au télégramme parce qu'il garantissait une preuve juridique d'envoi, indique le quotidien Le Soir, qui ajoute que le Palais royal en était aussi friand.

L’histoire du télégramme en Belgique remonte à quelque 150 ans d’ici pour le télégraphe électrique et même à plus de 200 ans pour le télégraphe optique. Le premier service de télégraphe électrique était lancé en 1846 le long de la ligne de chemin de fer qui reliait Bruxelles à Anvers. Le premier service de télégraphe optique avait été créé en mai 1803. En juillet 1930, l’Administration de la Télégraphie devint autonome et fut rebaptisée Régie des télégraphes et téléphones (RTT).

Pendant des décennies, les télégrammes furent utilisés pour annoncer une naissance, un mariage ou un décès. Il était même possible d’envoyer des félicitations avec une bouteille de champagne ou une peluche. Les télégrammes fut aussi utilisé à des fins professionnelles, par des entreprises de tous les secteurs, et plus particulièrement par les avocats et les huissiers de justice (comme un début de preuve juridique) ou les agences d’interim (pour envoyer des invitations).

Autrefois 1,5 million de télégrammes par an

Au début des années 1980, plus d’un million et demi de télégrammes étaient encore envoyés chaque année en Belgique. Nombre d’entre eux provenaient de l’Italie, où le service était très populaire. Mais au fil des ans, l’utilisation du télégramme diminua, remplacée par des moyens de communication plus modernes et moins chers : le fax, puis les courriels, les SMS et plus récemment la messagerie instantanée.

Au début des années 1990, on envoyait encore environ 500.000 télégrammes par an en Belgique. Un chiffre qui est retombé à 150.000 au début des années 2000 et à 50.000 dix ans plus tard.

Ces derniers mois, le service n’est plus utilisé que par une dizaine de clients professionnels de façon régulière. Sur les 11 premiers mois de 2017, ce sont un peu plus de 8.000 télégrammes qui ont été envoyés et reçus. Coût du service de base: 16,25 euros pour envoyer 20 mots en Belgique (adresse comprise).