Deux enfants belges seuls en Syrie

Deux enfants âgés de 9 et 12 ans, de nationalité belge, sont livrés à eux-mêmes en Syrie, rapportent plusieurs quotidiens ce jeudi. Leurs parents, qui les avaient emmenés avec eux en Syrie quand ils sont allés combattre aux côtés du groupe terroriste Etat islamique en 2014, seraient décédés. La famille a fait appel au service "Tracing" de la Croix-Rouge pour les retrouver et les ramener en Belgique. Les Affaires Etrangères, les ministères de la Justice et de l’Intérieur vont se concerter sur la manière d’agir.

Le père des deux enfants, originaire d'Anderlecht, serait décédé en juillet 2015 près de Raqqa. Selon le grand-père des enfants, la mère aurait été tuée voici 10 jours dans un bombardement près de Damas. La police fédérale et le parquet sont au courant de la situation des enfants.

"Ce n'est ni le rôle ni la mission du parquet fédéral d'aller chercher des enfants de parents ayant rejoint Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique)", réagit Eric Van der Sypt, porte-parole du parquet fédéral. La famille a fait appel aux Affaires étrangères belges qui lui ont conseillé de s'adresser au service "Tracing" de la Croix-Rouge, dont la mission est de soutenir les personnes sans nouvelles de leurs proches et de rétablir le contact avec les disparus.

Les ambassades de Belgique en Jordanie et au Liban suivent la situation de près.

Les deux enfants sont, actuellement, toujours coincés en Syrie mais l'organisation est en contact avec leur famille. Cependant, la Croix-Rouge ne souhaite pas communiquer sur ce dossier "pour des raisons évidentes de sécurité et par respect pour la famille" a indiqué Nancy Ferroni, porte-parole de la Croix-Rouge.

"Si on peut les localiser, voir comment intervenir"

Les Affaires étrangères sont aussi en contact avec les familles - les grands-parents - de deux enfants belges qui se retrouvent seuls en Syrie. "Nous sommes en contact via nos ambassades en Jordanie et au Liban. Il y a peut-être également d'autres enfants, en Syrie et en Irak. La difficulté est de les localiser. Si on parvient à les localiser, il faut voir avec les départements de la Justice et de l'Intérieur quelles actions nous pouvons entreprendre", a indiqué ce jeudi le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (photo archives).

Le ministre a rappelé qu'il s'agit généralement d'enfants emmenés par leurs parents devenus combattants étrangers. "La difficulté est de les localiser. Il faut savoir où ils se trouvent, ils peuvent être au milieu de groupes terroristes", a ajouté Reynders.