La "fatigue de vivre" n'est pas une raison pour demander l’euthanasie

Selon un avis du Comité consultatif de bioéthique, la "fatigue de vivre" doit toujours être liée à une maladie et à une souffrance physique pour pouvoir déboucher sur une euthanasie. L’information est publiée dans plusieurs journaux ce jeudi. La législation sur l’euthanasie ne doit donc pas être modifiée, estime ce comité.

"La fatigue de vivre" est-elle une raison valable pour obtenir l'euthanasie? C'est une question qui est débattue depuis longtemps. A présent, le Comité consultatif de bioéthique a donné un avis.

Dans son avis n° 73, le Comité consultatif de bioéthique de Belgique plaide pour qu'un "protocole" outille davantage les psychiatres.

Le Comité ne voit aucune raison de modifier la législation actuelle sur l’euthanasie. Actuellement la "fatigue de vivre" doit toujours être liée à une maladie ou à une souffrance physique.

Le Comité estime que le concept de souffrance psychique ne recouvre pas la "fatigue de vivre", par exemple, ou des problématiques sociétales comme l'isolement, la solitude, la précarisation des personnes retraitées.

"Nous estimons que dans tous ces cas, l'euthanasie ne peut être une réponse", conclut le psychiatre Paul Cosyns, vice-président du comité et professeur émérite de l'université d'Anvers.

"Une euthanasie accordée à un patient qui exprimerait une grosse fatigue de vivre mais sans lien avec une pathologie resterait hors-la-loi".

"Faut-il par contre un débat public sur cette question ? Certainement. Mais il doit se faire hors du cadre de la loi sur l'euthanasie", poursuit-il.

Le comité s'accorde également pour dire que l'appréciation du caractère "constant et insupportable" de la souffrance demeure l'affaire du patient tandis que le côté "incurable" ou "inapaisable" de cette souffrance concerne, cette fois, le médecin.

En 2015, un peu plus de 2.000 personnes ont obtenu l’euthanasie en Belgique. Dans 15% des cas il s’agissait de personnes qui n’étaient pas en phase terminale. Il s’agit principalement de polypathologie, à savoir le cumul de plusieurs pathologies graves liées au vieillissement, comme la cécité ou la surdité. A côté de cela il y a aussi les patients atteints de maladies psychiatriques.