Des Soudanais renvoyés ont été maltraités à leur arrivée

Plusieurs Soudanais qui ont été renvoyés ces derniers mois depuis la Belgique témoignent des maltraitances et de l'enfermement dont ils ont été victimes à leur arrivée au Soudan, rapporte Het Laatste Nieuws mercredi. Tous avaient rencontré précédemment l'équipe d'identification invitée par le secrétaire d'Etat à l'Asie et à la Migration, Theo Francken.

Theo Francken avait demandé l'aide du Soudan pour identifier les migrants d'origine soudanaise au Parc Maximilien. Cette mission d'identification avait d'ailleurs été fortement controversée.

Il ressort de témoignages que l'Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient (Tahrir Institute for Middle East Policy) a pu récolter des informations selon lesquelles plusieurs Soudanais entendus par l'équipe d'identification à Bruxelles ont été immédiatement enfermés et maltraités à leur retour.

"Nous avions mis en garde"

"C'est ce contre quoi nous avions mis en garde il y a quelques mois", commente Koert Debeuf de l'Institut, qui garde contact avec les Soudanais expulsés. "Nous voulions savoir comment ils allaient et s'ils étaient en sécurité. Ce n'est pas le cas. Ils craignent vraiment pour leur vie."

Plusieurs témoignages indiquent que lors des auditions à Bruxelles, aucun Belge n'était présent, ce que conteste l'Office des étrangers. Ce dernier concède toutefois que le représentant présent ne parlait pas arabe, et encore moins le dialecte soudanais. Des menaces de la part de l'équipe d'identification ont ainsi pu passer inaperçues.

Procédures correctement appliquées

Theo Francken souligne que les procédures ont été correctement appliquées et conformément aux législations européennes et internationales. Invité de De Ochtend, il a ajouté que la Belgique avait demandé à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) un monitoring des personnes concernées. L'OIM n'a reçu qu'un appel, mais qui concernait autre chose, précise le secrétaire d'Etat.

Theo Francken souhaite qu'une enquête soit ouverte pour savoir si les migrants renvoyés vers le Soudan ont été torturés. "Pour l'instant, nous n'avons pas reçu de signal que cela se produisait, pas même de la part de l'ONU." La torture ne peut cependant être tolérée en aucun cas, estime M. Francken. "S'il apparaît qu'ils sont en effet torturés, c'est un gros problème", réagit-il encore. "Alors, personne ne sera renvoyé."