L'opposition tire à boulets rouges contre Francken

De nombreux partis de l’opposition critiquent l'attitude du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA) suite à la publication d’une note du Commissariat général aux réfugiés révélant que ce dernier avait été averti des risques que couraient certains migrants soudanais s’ils retournaient dans leur pays. La députée Monica De Coninck (SP.A) estime que Theo Francken doit oser se remettre en question alors qu’ Ahmed Laaouej (PS) a rappelé sa volonté de voir Theo Francken démissionner de ses fonctions.

"J’estime que le secrétaire d'État Theo Francken doit décider lui-même s'il peut continuer à fonctionner", a déclaré Monica De Coninck à la VRT.

"Il aime annoncer qu'il agit de manière stricte contre tous ceux qui mentent ou qui trichent. Il fait contrôler les gsm ou les tablettes des demandeurs d'asile pour vérifier s'ils ne mentent pas sur leur identité. Si vous êtes sévère avec les autres, alors vous devez aussi être sévère avec vous-même" a-t-elle ajouté.

Monica De Coninck ne fait pas seulement allusion à Francken mais estime qu’il s’agit d’une responsabilité collective de l’ensemble du gouvernement Michel, qui selon elle n’a pas suffisamment examiné la situation lors de l’expulsion des migrants soudanais.

"Le problème fondamental c’est que Francken veut obtenir un quota prédéterminé d’expulsion. La fin justifie les moyens".

"Theo Francken a du sang de personnes torturées sur les mains"

"Le Premier ministre doit venir s'expliquer séance tenante sous peine de cautionner l'attitude du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, a indiqué mardi Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre.

Ahmed Laaouej dénonce la "politique cynique" du secrétaire d'État qui a donné des ordres à son administration alors qu'il avait connaissance de cette note (ndlr : du Commissariat général aux réfugiés). "Il a envoyé délibérément des gens à la torture", a-t-il commenté.

"Theo Francken a menti et met le Premier ministre en porte-à-faux", a-t-il précisé. Le secrétaire d'État a "du sang de personnes torturées sur les mains", a-t-il ajouté, rappelant sa volonté de voir Theo Francken démissionner de ses fonctions.

Les risques encourus par les migrants soudanais avaient été pointés par le CGRA

Une note confidentielle du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides), au secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken, circule depuis plusieurs jours, peut-on lire mardi dans Le Soir.

Datée du 24 octobre, cette note qui traite de la question des demandes d'asile de personnes soudanaises pointe de larges catégories de population pouvant être considérées comme en danger en cas de retour au pays.

Ainsi, selon la note, toute personne d'ethnie "non arabe" originaire du Darfour, du Nil bleu ou du Kordofan du Sud (deux régions frontalières du Sud-Soudan) obtient automatiquement un statut de réfugié, étant donné la dangerosité et la nature des conflits. Celles d'ethnie arabe, issues des mêmes régions, se voient quant à elles accorder une protection subsidiaire.

Le document indique aussi qu'à l'échelle du pays, le commissariat accordait jusque-là de manière automatique la protection subsidiaire à toute personne "d'ethnie non arabe", mais que les dossiers concernés ont été gelés dans l'attente d'une nouvelle évaluation de la situation sur place afin de déterminer si l'automaticité doit rester ou non de vigueur.

Ce que montre le document, adressé spécifiquement à Theo Francken, note l'article du Soir, c'est que l'instance belge indépendante ayant la meilleure vue sur le sujet, soit le CGRA, avait établi des critères larges de populations à risques parmi les Soudanais, visiblement ignorés par l'administration qui a poursuivi les rapatriements.