Les Belges sous pression pour faire régulariser leur argent noir

Rien qu’en décembre dernier, le service chargé des régularisations fiscales a reçu davantage de demandes de fraudeurs "repentis" que sur l’ensemble de l’année 2016. C’est ce que révèlent les chiffres du ministre des Finances Johan Van Overtveldt. Ce rush de fin d’année a conduit à un record de régularisations pour l’année écoulée. Il faut dire que le taux appliqué en cas de régularisation de capitaux prescrits a augmenté au 1er janvier (passé de 37 à 38%). L’amende pour les avoirs non prescrits a également été majorée de 1%.
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En 2017, quelque 842 demandes de régularisation sont parvenues au service compétent, dont 391 pour le seul mois de décembre. Ceci a permis à 590 millions d'euros d'argent noir de refaire surface. En 2016, il était question de 314 dossiers sur l'année, correspondant à la déclaration de 177 millions d'euros d'argent noir.

"Nous pouvons nous estimer contents", estime le ministre des Finances Van Overtveldt. "Si l’on calcule à un tarif moyen de 37,5% pour l’amende, cela fait une rentrée de 220 millions d’euros. Une partie sera récoltée en 2018 en raison des déclarations tardives, mais nous arrivons dans les alentours de 200 millions d’euros qui ont été inscrits dans le budget. C’est de l’argent qui rentre dans le circuit régulier de l’économie, qui peut financer des investissements et favoriser la création d’emplois".

Depuis septembre de l'an dernier, grâce au "common reporting standard" développé par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le fisc est au courant des capitaux détenus par des Belges dans 53 autres pays, entre autres au Luxembourg.

Et ils seraient des milliers de Belges à avoir continué à cacher des milliards d'euros au Grand-Duché, dont "plus de 400 investisseurs" y détenant chacun au moins cinq millions, sur lesquels l'ISI se concentre.