Les taxis bloquent le centre de Bruxelles

Quelque 175 taxis (d’après la police) à 250 taxis (d’après les syndicats) participent ce mardi matin à une manifestation dans les rues de la capitale, bloquant notamment la circulation entre Trône et le rue Belliard. Ils demandent au gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort de rédiger un plan taxi avec des règles claires qui écartent la concurrence déloyale de la plateforme de taxis en ligne Uber. Le secteur est très règlementé et estime que les chauffeurs d’Uber peuvent trop facilement leur prendre leurs clients.

Klaxons hurlants et roulant au pas, les dizaines de taxis participant à l’action de protestation dans la capitale ce mardi matin se sont d’abord rendus vers le cabinet du ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort (photo). "C’est une action symbolique. Nous allons en cortège funèbre, avec un cercueil, vers le bureau du ministre-président. C’est un enterrement. Nous allons rouler très lentement vers le parlement bruxellois", indiquait Pierre Steenberghen de la fédération des taxis.

L'action, organisée par le Front commun des taxis bruxellois, a démarré vers 8h30 place Poelaert, où les taxis se sont tout d'abord rassemblés. Le cortège transportait un cercueil jusqu'au cabinet de Rudi Vervoort (rue Ducale) avant de déposer une couronne de fleurs au Parlement bruxellois (rue du Lombard). "Nous espérons y rencontrer les membres de la Commission infrastructure. Nous leurs y remettrons une petite carte de condoléances", expliquait Sam Bouchal.

Le secteur des taxis demande que le gouvernement régional rédige un plan taxi avec des règles claires, qui écarte la concurrence déloyale d'Uber. "Nous espérons que par cette action, nous finirons par convaincre les responsables politiques qu'en l'absence d'un Plan taxis, Uber doit quand même se conformer aux réglementations. Surtout depuis que la Cour européenne de Justice a statué qu'Uber était bien un service de transport et pouvait donc être soumis à un ensemble de règles similaire à celui imposé aux autres sociétés", ajoute Bouchal.

En accord avec la police, le cortège a quelque peu modifié sa trajectoire. Après l'arrêt symbolique au cabinet de Rudi Vervoort, les taxis faisaient demi-tour par la petite ceinture, passaient par la rue de la Régence, place du Sablon avant de passer par le parlement bruxellois. Ils revenaient finalement place Poelaert afin de procéder à un débriefing avec leurs membres.

Les taxis ne faisaient cependant aucun arrêt chez le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet. "Nous sommes arrivés au constat que depuis 2014, il y a une absence d'échange. Le ministre Smet en reste à sa vision des choses et ne nous laisse pas d'autres choix que d'entériner ses propositions. Nous refusons de travailler avec lui dans ces conditions", concluait Sam Bouchal.