Une violente explosion à Anvers fait 2 morts et 14 blessés

Une explosion qui a provoqué l’effondrement de trois immeubles à appartements et endommagé quatre autres bâtiments s’est produite lundi vers 22h30 au Paardenmarkt, dans le centre-ville d’Anvers. L’origine de l’explosion n’est pas encore déterminée (mais la police a écarté la piste terroriste), alors que des habitants avaient senti une forte odeur de gaz depuis le matin. Deux dépouilles ont été retirées ce mardi matin des décombres, après que les recherches se soient poursuivies toute la nuit. Elles ont pu être identifiées entretemps comme étant celles d'un Belge et d'un Afghan. Quatorze personnes ont été blessées, dont une dans un état critique. Un mouvement de solidarité est né spontanément, pour héberger les habitants privés de leur logement. Dans l'après-midi, le roi Philippe et le Premier ministre Charles Michel se sont rendus sur le lieu de la catastrophe.

A la suite de l’explosion, qui a littéralement soufflé trois immeubles à appartements, les services de secours se sont rendus rapidement sur place. La police demandait aux Anversois d'éviter autant que possible le quartier du Paardenmarkt, où a eu lieu l'explosion. Ce dernier est encore bloqué ce mardi à la circulation.

Au cours de la soirée, sept personnes en tout ont été secourues des débris. Parmi les trois secourues en toute fin de soirée, l’une avait été coincée par la chute de débris et se retrouvait physiquement entravée. "Les deux autres n'étaient pas coincées, mais étaient à un endroit difficilement accessible", précisait Kristof Geens, des pompiers d'Anvers.

Les ruines faisaient l'objet de recherches minutieuses, avec deux chiens de la Protection civile, pour s'assurer qu'il ne reste pas d'autres victimes dans les décombres. "Nous n'avons pour le moment pas de raison de le penser, mais nous ne pouvons rien exclure", indiquait le porte-parole de la police Wouter Bruyns. Une ambulance et une équipe SMUR restait, préventivement, sur place, ainsi qu'une équipe du service DVI d'identification de victimes, de la police fédérale.

Le bourgmestre Bart De Wever (photo) est descendu sur place dans la soirée, pour être mis au courant de la situation.

Deux corps extraits des décombres

Les services de secours ont travaillé toute la nuit pour rechercher des victimes de l'effondrement de plusieurs bâtiments, dont deux personnes portées disparues et dont aucun signe de vie n’avait été reçu. Ils ont finalement extrait deux corps des décombres ce mardi matin, indiquait la police locale.

Les dépouilles ont été identifiées en cours de journée comme étant celle d'un Belge de 39 ans, qui résidait dans l'un des immeubles détruits, et celle d'un Afghan de 26 ans. Selon le parquet d'Anvers, il serait en séjour illégal en Belgique, mais la police dément cette affirmation. La raison de sa présence dans l'un des bâtiments n'est pas encore connue.

Trois bâtiments ont été détruits par l'explosion. Les deux bâtiments attenants, ainsi qu'une construction située à l'arrière, ont été également lourdement endommagés. Quelque 22 personnes ont passé la nuit dans un centre d'accueil, un hôtel ou chez des proches. Le bilan humain s'élevait ce mardi matin à deux morts et 14 blessés, dont un dans un état critique. Cinq personnes sont grièvement blessées et huit ne le sont que légèrement.

Les causes du drame seront analysées

Le parquet d'Anvers a été avisé de l'explosion survenue lundi soir au Paardenmarkt mais n'a pas encore pu enquêter sur les causes du drame. "La priorité est donnée aux opérations de secours, la zone est de toute façon encore trop peu sécurisée", précisait Ken Witpas, porte-parole du parquet. "Ce n'est que lorsque les décombres auront été suffisamment stabilisés que les experts pourront faire leur travail. Actuellement, plusieurs pistes d'explication restent ouvertes."

Les pompiers anversois confirment que le parquet est présent sur les lieux afin de vérifier que tout se passe selon les procédures et que les constats d'usage ne pourront s'effectuer qu'ultérieurement.

Selon un habitant rescapé, une forte odeur de gaz planait déjà dans l’immeuble à appartement qui a explosé depuis 8h du matin. "J’ai voulu appeler les services de secours, mais le propriétaire dit toujours que nous ne pouvons pas appeler la police. Je n’ai donc pas téléphoné", indiquait Nabil.

Selon ce riverain, tous les habitants avaient senti l’odeur de gaz. C’était déjà la deuxième fois que cela se produisait en deux mois. "Mon voisin, un Italien, a dit 20 minutes avant l’explosion que le bâtiment allait sauter. Et c’est ce qui s’est produit", racontait le rescapé à la VRT.

Bart De Wever : "Impressionné par la solidarité spontanée"

Le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever (N-VA), a présenté mardi matin sur Twitter ses condoléances aux familles des personnes décédées dans l'explosion au Paardenmarkt - un quartier anversois où résident notamment beaucoup d’étudiants.

"Ce qu'on craignait cette nuit déjà s'est confirmé, les deux dernières victimes n'ont pu être extraites vivantes des décombres malgré le travail acharné de nos services de secours", affirmait le maïeur. "Au nom de tous les Anversois, je présente mes condoléances à la famille et aux proches des victimes."

Bart De Wever (photo archives) avait indiqué lundi soir être "très impressionné" par la solidarité dont ont immédiatement témoigné les habitants de la ville à la suite de l'explosion. "Je suis impressionné par les messages spontanés de nombreux habitants des environs, parmi lesquels beaucoup d'étudiants, qui ont immédiatement offert du soutien, et un hébergement sous leur toit, via les réseaux sociaux".

"Cette solidarité montre comme notre ville se serre les coudes, dans le besoin. Cela mérite notre respect". Sur le site de microblogging Twitter, le hashtag #paardenmarkt, du nom du lieu de l'explosion, a en effet rapidement été utilisé par des habitants des environs, dans ce quartier comportant de nombreux kots étudiants.

A la suite de l'explosion ayant entrainé la fermeture d'un large périmètre, les offres de logement ainsi que de lieux abrités pour étudier ont commencé à circuler, à destination des étudiants qui seraient dans l'incapacité de rentrer chez eux lundi soir. Quant à la cause de l'explosion, "l'enquête devra en déterminer les circonstances", avait précédemment laissé entendre De Wever via Twitter.

Le roi et le Premier ministre se sont rendus sur place

Le roi Philippe et le Premier ministre Charles Michel (photo) se sont rendus en début d'après-midi à Anvers, sur le lieu de la catastrophe. 

Ils y ont été accueillis par le bourgmestre Bart De Wever, le gouverneur de la province d'Anvers Cathy Berx, et le fonctionnaire municipal responsable de la gestion de catastrophes Bart Bruelemans. 

Le roi venait apporter son soutien notamment aux membres des services de secours, qui ont travaillé toute la nuit, ainsi qu'aux riverains touchés.