Groen se retire de la liste "Samen" à Anvers

Groen se retire de la liste "Samen" que les écologistes formaient avec les socialistes flamands et ce suite à la saga autour de Tom Meeuws. "Nous regrettons que le SP.A d'Anvers n'ait pas été le partenaire que nous espérions". Il n'y a donc plus de front progressif à Anvers en vue des élections communales. Groen se présentera seul.

Trois mois à peine après que la liste d'unité "Samen" ait été constituée, ce cartel fait déjà partie du passé. Groen a rompu son alliance qu'il formait avec les socialistes d'Anvers et des candidats indépendants pour tenter de ravir le mayorat au président de la N-VA Bart De Wever. Samen n'existe plus.

"La direction du parti au niveau national et la section d'Anvers ont décidé que Groen se présenterait comme une alternative positive et progressiste aux élections communales. Ce n'est pas une décision évidente, mais c'est une décision nécessaire pour Anvers" estime encore le parti écologiste flamand dans un communiqué.

Groen avait été fortement ébranlé après le refus cette nuit, par la section locale SP.A, de la démission du chef de file socialiste Tom Meeuws, troisième sur la liste et ciblé par des accusations de malversations.

Une démission refusée par la section SP.A d'Anvers

Les Verts, emmenés par l'ancien président du parti Wouter Van Besien, se sont réunis en urgence pour examiner la situation et ont convenu de rompre l'alliance avec les socialistes. La décision émane de la section anversoise et de la direction nationale du parti, a confirmé Groen dans un communiqué.

Les écologistes flamands se présenteront donc seuls aux élections dans la métropole. "Ce n'est pas une décision évidente mais elle est nécessaire pour Anvers. Nous déplorons que le SP.A d'Anvers ne soit pas apparu comme le partenaire que nous avions espéré. Nous voulons mener une politique pleinement progressiste et nous concentrer sur les problèmes et les défis des Anversois, pas ceux des personnes et des partis", a indiqué la présidente de Groen Meyrem Almaci.

Tom Meeuws a fait l'objet d'accusations de malversations financières qui auraient précédé son départ précipité, en 2015, de la direction des transports en commun De Lijn à Anvers. Il avait déjà été mis en cause auparavant pour avoir eu des contacts, en tant que consultant, avec le promoteur immobilier Land Invest Group, alors que "Samen" critiquait vertement les autorités communales anversoises sur le même sujet.

Réfutant ces accusations, Tom Meeuws n'en a pas moins présenté sa démission mardi soir, un geste salué par Groen pour qui la violence des attaques contre l'intéressé occultait désormais les débats de fond. Mais dans la nuit, la section SP.A d'Anvers a rejeté la démission de Tom Meeuws, qui reste donc candidat.

Entre-temps, le président du SP.A John Crombez a accusé le N-VA Marc Descheemaecker, président de De Lijn et de Brussels Airport et ancien patron de la SNCB, d'avoir été à l'origine des accusations dans la presse contre M. Meeuws, ce que M. Descheemaecker a réfuté.

D'où viennent les fuites ?

Lors d'un point presse mercredi midi, Tom Meeuws a déploré le retrait de Groen et considéré que les Verts avaient plié sous la pression d'une "campagne inouïe de dénigrement personnel".

Il s'est réjoui du soutien de son parti, a annoncé le dépôt d'une plainte contre De Lijn, mais aussi la formation dans les prochaines semaines d'une liste socialiste présentant de nouvelles figures. Il laisse la porte ouverte à une collaboration avec Groen après les élections.

De son côté, le président du SP.A John Crombez ( photo) a estimé particulièrement regrettable qu'il soit mis fin au projet commun unissant à Anvers les écologistes, les socialistes et des candidats indépendants. Il a dit vouloir regarder vers l'avenir.

"Ce projet représentait une opportunité contre le cynisme qui gangrène la politique. Ce n'est pas un beau jour pour tous ceux qui pensent que la politique doit servir à résoudre les problèmes de société, à protéger les gens contre de nouvelles fragilités et à favoriser plus d'égalité en ces temps de profonds changements sociétaux", a-t-il dit.

L'affaire connaît aussi des rebondissements chez De Lijn, où le directeur général Roger Kesteloot a, selon la VRT, reproché au conseil d'administration les fuites dans la presse d'informations confidentielles, dont seuls quelques membres du comité de rémunérations avaient connaissance, et qui ont fait plonger le groupe dans la campagne électorale.