L’authenticité d’œuvres russes du Musée de Gand mise en doute

Le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz (Open VLD), annonce la mise sur pied avec la ville de Gand et son Musée des Beaux-Arts d’une commission d’experts qui se penchera sur l’authenticité de 26 œuvres d’une collection de l’avant-garde russe appartenant à Igor et Olga Toporovski et prêtée au musée gantois. Cette authenticité est en effet mise en doute par une dizaine d’experts internationaux.

Selon les dix experts internationaux - parmi lesquels se trouvent des curateurs et des marchands d’œuvres d’art réputés -, qui ont publié une lettre ouverte dans le quotidien flamand De Standaard, les 26 œuvres attribuées à des artistes de l’avant-garde russe - dont Malevich (photo principale) et Kandinsky, Tatlin, El Lissitzky, Gontsjarova et Larionov, qui valent une fortune - seraient des faux. Ils mettent donc en doute l’authenticité des pièces de la collection russe appartenant au couple Igor et Olga Toporovski, exposées depuis quelques semaines au Musée des Beaux-Arts (MSK) de Gand.

Les œuvres seront soumises à une expertise en laboratoire, avec l'accord des propriétaires. Le MSK s'est entouré des précautions habituelles, a souligné le ministre Gatz. Puisqu'il s'agit d'un prêt et non d'une acquisition, il n'a toutefois pas procédé à une enquête matérielle, mais s'est fié aux informations fournies par les propriétaires et la fondation Dieleghem qui accueille leur collection, ainsi qu'à l'avis de plusieurs historiens de l'art.

L'affaire a pris de l'ampleur en Flandre ces derniers jours. "Il n'appartient pas aux pouvoirs publics de déterminer les œuvres qui doivent être exposées dans un musée, mais vu les proportions prises par la discussion sur l'authenticité de la collection Toporovski, il nous paraît indiqué de faire rapidement la clarté", a expliqué le ministre Gatz. C’est lui qui financera l’expertise.

Une expertise qui peut être onéreuse

Sven Gatz (photo) avait à l’époque mis le couple russe en contact avec le musée gantois. "En toute bonne foi, j’ai été mis en contact avec le couple par mon bourgmestre à Jette. La seule chose que j’ai faite, c’est de leur dire qu’ils devaient se concerter avec les musées puisqu’il ne revenait pas au ministre de déterminer quelle exposition doit avoir lieu dans quel musée. La suite est de l’entière responsabilité du musée. Mais je suis assez mal à l’aise actuellement, étant donné que le contact est passé par moi", indiquait le ministre.

La commission d’experts devra décider à quelles analyses techniques les 26 œuvres d’art doivent être soumises en laboratoire. Pour certaines de ces œuvres russes, l’analyse pourrait coûter 50.000 euros. « Le MSK se trouve involontairement au centre d’une polémique, mais nous espérons que le calme reviendra bientôt et qu’il pourra à nouveau se concentrer sur ses tâches essentielles », indiquait l’échevine gantoise de la Culture, Annelies Storms (SP.A).