Elections 2018 : l’avenir sombre du parti socialiste en Flandre

Alors que les écologistes flamands de Groen ont rompu leur alliance avec le SP.A à Anvers, la situation est également loin d’être rose pour les socialistes ailleurs au nord du pays. D’après le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, le parti cherche encore et toujours de nouvelles personnalités fortes, capables de remplacer ceux que l’on appelait les "Teletubbies" du SP.A.

Jusqu’à présent, lors des élections communales, le SP.A se lançait toujours en campagne armé de têtes fortes. Le parti parvenait souvent à s’imposer dans les grandes villes : les socialistes flamands ont ainsi eu des bourgmestres à Anvers, Gand, Louvain, Ostende, ou encore Hasselt.

Le journaliste Ivan De Vadder remarque toutefois un véritable chamboulement : "Après l’affaire qui vient d’avoir lieu à Anvers, il sera impossible pour le SP.A d’obtenir le poste de bourgmestre. A Gand aussi, le défi sera très grand", souligne-t-il, alors que le bourgmestre Daniël Termont, en fonction depuis 10 ans, connaît quelques tourments dans le cadre de l’affaire Ghelamco.

"A Louvain, on se demande si Mohamed Ridouani sera à la hauteur pour parvenir à succéder à Louis Tobback, alors qu’à Bruges, il ne sera pas évident pour Renaat Landuyt de se faire réélire. Bref, l’avenir des socialistes paraît sombre au niveau communal", remarque Ivan De Vadder.

A la recherche de nouveaux "Teletubbies"

D’après le journaliste de la VRT, le parti socialiste flamand lutte encore et toujours pour remplacer la "génération Teletubbies". C’est ainsi qu’étaient appelées quatre anciennes personnalités fortes du parti : Steve Stevaert, Frank Vandenbroucke, Johan Vande Lanotte, Freya Vandenbossche, et plus tard Patrick Janssens.

"Cette génération a disparu, et à ce plus haut niveau, elle n’a pas été vraiment remplacée", explique Ivan De Vadder. Le remplacement de ces noms illustres paraît compliqué, peu de candidat ayant un tel poids électoral. "Le président John Crombez a avancé deux nouveaux noms : Meryame Kitir, au parlement fédéral, et Joris Vandenbroucke, au parlement flamand. Ces deux chefs de groupe sont toutefois loin d’avoir atteint le niveau des Teletubbies de l’époque".

Vers un plan à la Macron ?

La mission de John Crombez est désormais d’attirer de nouveaux candidats dans son parti. Pour parvenir à ses fins, il a appelé à ce que dans chaque liste électorale, qu’elle soit communale, régionale, fédérale ou européenne, l’un des trois premiers candidats soit une nouvelle figure.

"Ces personnes peuvent avoir un certain âge, mais elles doivent être nouvelles en politique. John Crombez veut ainsi obliger les membres de son parti à activement chercher de nouveaux visages, à former ces gens, et à les lancer en politique", explique Ivan De Vadder. "C’est l’une des idées avec laquelle le président du SP.A veut aller en campagne, et aider son parti à progresser. Il espère ainsi enfin aboutir à un changement de génération et d’idées, qui permettront à son parti de retrouver sa prestance sur l’échiquier politique".